Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

 

Pour la fête des Bienheureuses Diane et Cécile, op.
Sermon du frère Paul Marie Cathelinais, op.
 
            La prieure d’un monastère de moniales dominicaines me reçut un jour pour me poser cette simple question : « Désires-tu vraiment des âmes contemplatives dans l’Eglise ? » Or, s’il n’est pas rare de voir des familles se réjouir à l’annonce de la future ordination de leur fils, il est tout aussi fréquent pour les jeunes filles qui veulent donner leur vie dans un carmel, à une vie bénédictine ou dominicaine contemplative d’entendre de leurs proches la déception et l’encouragement à choisir une vie apostolique ; bref ils voudraient pour elles, comme le monde, une vie utile. Ils leur reprochent même leur égoïsme… 
            Ne pourrait-on reprocher de même son inutilité et son égoïsme à la neige des hautes montagnes ? Ah quoi sert pourraient dire le gens de la plaine cette blancheur sur nos têtes. C’est elle pourtant, la neige, qui leur procure l’eau nécessaire, sans lesquelles leurs champs deviendraient semblables à une steppe desséchée. En fondant peu à peu sous l’ardeur des rayons du soleil, elles alimentent le débit des grands fleuves lorsque la saison des pluies est achevée. Il en est de même des moniales contemplatives comme en  premier du Christ en ces temps d’Ascension. Jésus aurait pu ne pas se cacher au ciel et demeurer le même, continuant à faire du bien sur la terre comme durant les trois ans de sa vie publique. Et pourtant, il a choisi comme les moniales d’être toujours vivant pour intercéder en faveur de ceux qui par lui s'avancent vers Dieu. Il faut en tirer les conséquences.
            Parmi tous les moyens dont nous disposons pour faire avancer le royaume, la prière est l’action par excellence la plus nécessaire. Dieu ne se moque pas de nous, et s’il a besoin de bouches qui parlent, de mains qui construisent, il a surtout besoin de cœurs qui demandent. Les grâces qui ne sont pas demandées ne seront jamais données. Ah ! si nous désirions des âmes contemplatives autant que les agriculteurs d’aujourd’hui demandent de la pluie. Evidemment, pour désirer cela, il faut être agriculteur, travailler au royaume, car quand on se fiche du blé, de la terre, comme de la grâce, le soleil des plaisirs et de la plage suffit... Le désir des âmes appelle la vie contemplative. La crainte de Dominique pour les pécheurs appela ainsi Cécile Diane et tant d’autres à se cacher comme Jésus dans le sein du Père pour faire ruisseler l’Amour sur la terre.

            Nos moniales en fait se tiennent comme Marie au milieu des apôtres après l’Ascension, les bras levés, au lieu précis, au point fixe d’où le Christ fut élevé : par son Fiat, apparut la chair du Verbe, par son intercession, le corps mystique du Christ. L’Eglise ne peut vivre et grandir sans cette maternité. Diane et Cécile sont nos sœurs, et à ce titre elles nous réjouissent de leur amitié,  mais, plus encore, elles sont nos mères.

fr. Paul-Marie Cathelinais, op


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