Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

 

Transfiguration du Seigneur année A
6 août 2011, Bordeaux, couvent des Dominicains.
 
DIVINITE DU CHRIST, NOTRE ESPERANCE !
 
Cet événement de la transfiguration est un signe aussi véridique qu'il est mystérieux. « Mystère lumineux par excellence » disait le bienheureux pape Jean-Paul II en choisissant la transfiguration de Jésus comme 4ème des mystères lumineux du Rosaire.
Que nous dit ce mystère ? Tout d’abord sur Jésus lui-même. Puis, sur nous-mêmes.
 
Il s'agit en premier lieu d'une manifestation de Dieu. Ce phénomène miraculeux est un des nombreux signes qui tout au long de l'Evangile désignent Jésus comme vrai Dieu. Il faut l’avouer, croire que Jésus est Dieu n'est pas une évidence. Ni à nos yeux, ni à ceux de nos contemporains, comme à l'époque de Jésus. On écrit, on publie, on fait des films, des émissions, on déclare beaucoup de choses sur Jésus ; et on n’a jamais si peu confesser la foi dans le Christ ! Notre foi connaît-elle des doutes ? Rien d’étonnant. Rappelons-nous simplement que la foi chrétienne consiste à toujours faire confiance, malgré tout, à sa Parole à Lui, Jésus, transmise jusqu’à nous par les Apôtres.
Et Dieu se fait connaître aux hommes en désignant lui-même Jésus comme « son Fils ». Dieu est donc un Père plein d’amour pour son Fils. Et en disant "écoutez-le", Dieu nous rappelle ce que Jésus est venu faire : nous révéler le Père, nous enseigner et nous engager dans les chemins du salut et… nous sauver. Et tous les éléments du récit évangélique vont en ce sens.
Tout d'abord Jésus montre sa gloire "sur une haute montagne". La montagne est le lieu traditionnel dans les Ecritures de l'apparition de la gloire divine.
Ensuite l'apparition de Moïse et d'Elie n'est pas anodine. Ils sont les grands témoins de la gloire de Dieu dans l'Ancienne Alliance... sur la Montagne. Moïse comme grand intercesseur devant Dieu. Elie, celui qui appelle à la conversion du coeur. La Loi et les Prophètes : les deux piliers sur lesquels repose l’annonce du Royaume des Cieux.
De plus, comme le souligne s. Thomas d'Aquin, c'est toute la Trinité qui est apparue à cet instant : le Père dans la voix, le Fils dans l'homme, et l'Esprit Saint dans la nuée lumineuse.
Oui, la foi des Apôtres avant la Passion avait besoin d'être confortée, éclairée, que dis-je, illuminée par cette lumière du Christ glorieux. La liturgie byzantine nous le résume admirablement :
« Tu t'es transfiguré sur la montagne, et, autant qu'ils en étaient capables, tes disciples ont contemplé ta gloire, Christ Dieu, afin que lorsqu'il te verrait crucifié, ils comprennent que ta passion était volontaire et qu'ils annoncent au monde que tu es vraiment le rayonnement du Père ».
 
Après la divinité de Jésus, la Transfiguration nous délivre un deuxième enseignement : notre gloire future, la gloire à laquelle nous sommes tous appelés. « Il est heureux Maître que nous soyons ici » : l’Apôtre Pierre est manifestement comblé de bonheur par ce qu’il voit. A tel point qu’il voudrait que les choses s’installent et demeurent ainsi : « dressons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie » ! Mais il n’a pas compris sur le moment ce que voulait lui montrer Jésus.
Oui, frères et soeurs, ne l'oublions pas : nous sommes faits pour la gloire, la gloire de Dieu ! Voilà pourquoi, par notre baptême, sommes-nous devenus « citoyens des cieux » et devons-nous « fixer notre attention sur cette gloire » ! Nous n’avons plus à suivre les façons de faire du monde, les manières de penser de ceux qui ne pensent qu’à un avenir terrestre, un confort matériel, un bonheur strictement humain ! Sinon, nous serions bien incapables de prendre part à la fin des temps au triomphe du « Fils d’homme » que nous décrit le prophète Daniel.
Que nous vivions aujourd’hui au milieu des épreuves, de la souffrance, dans la tentation ou même dans le péché, accueillons maintenant ce signe de la transfiguration et regardons Jésus ! Ecoutons-le ! Laissons-le nous guider !
Devant nos yeux, nous avons l'Auteur de notre vie et de notre relèvement d'entre les morts. Celui qui nous entraîne par son Eglise à entrer dans la lumière, à échapper aux ténèbres du péché et de la mort ! C'est vraiment là un avant-goût du Royaume des Cieux, un motif d'espérance infinie pour notre temps et pour nous-mêmes ! Ayons foi en Celui qui nous a précédé sur le chemin de la vie ! Devenons des saints, illuminés par Lui, rayonnants de sa grâce ! Vivons pleinement de la grâce d’être, à sa ressemblance, des « bien-aimés du Père », vivons en enfants de lumière afin que le monde croit que le Crucifié, ce même Jésus, pendu au sommet d’une autre montagne, est vraiment notre Sauveur !
Pour cela, entrons maintenant dans le Sacrifice du Christ, le Sacrifice de toute l’Eglise. Contemplons en la sainte Eucharistie sa présence glorieuse et lumineuse. Et en grande humilité communions à ce Corps très saint ! Il refera nos forces, Lui, le gage de notre gloire future !
« Oh oui, il est heureux, Maître, que nous soyons ici ». Saint Pierre avait bien raison !

fr. Antoine-Marie Berthaud, op


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