Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

1 janvier 2012, Marie, Mère de Dieu.
La bénédiction des commencements
 
Que célébrons-nous aujourd’hui ? Le nouveau commencement et la nouvelle bénédiction qui le couronne.
Lorsque Dieu créait le ciel et la terre, chaque jour nouveau, tiré du néant, recevait sa bénédiction propre. Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit…
Aujourd’hui, sur cette année qui commence descend une bénédiction nouvelle : Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse resplendir sur toi sa face ! Qu’il se penche vers toi et t’apporte sa paix !
En Jésus, Fils de Marie, tout commence, tout est béni, tout est pur, tout est promesse, tout est espoir et couronnement. Tout ce qui dans notre vie ne peut que vieillir, tout ce qui est marqué par la mort, tout ce qui est fugitif, faux, tout ce qui ne nourrit pas vraiment, tout ce qui n’est qu’illusion sera détruit par sa Passion victorieuse. Tout ce qu’il y a en nous de vrai, de sincère, de noble, notre travail le plus dur et nos rêves les plus hautes, nos sacrifices, nos joies, notre silence le plus profond, tout ce qui fait notre valeur, - tout trouve en Enfant-Dieu sa source, son principe, sa vie.
Sur ce jour qui se lève, sur cette année qui commence descend du haut des cieux la bénédiction du Père. Sa Parole de vie, son Verbe Unique, son Fils Bien-Aimé qui fait corps avec notre histoire, qui fait sienne notre vie, qui prend notre chair.
Qu’est-ce cette chair qui est nôtre, qu’il fait vraiment sienne ? Notre condition corporelle, certes, mais aussi tous ces liens innombrables qui tissent notre humanité. La chaleur du sein maternel qui nous a porté, nos premiers souvenirs, le nom qui nous a été donné, l’histoire de notre famille qui nous a été conté, les amitiés, les peurs, l’admiration devant la beauté et l’effroi devant le malheur saisis pour la toute première fois, notre mère qui nous console, notre père qui nous fait découvrir le monde – tout cela bâtit notre humanité, notre chair. Notre corps est comme un ancrage qui nous fait pénétrer dans la profondeur, la densité des choses, vraies, résistantes, réelles, bénies par Dieu qui les crée. Cette chair là, qui est la condition même de notre vie d’une créature, Marie la donne au Verbe. C’est par elle qu’il ne reçoit pas seulement notre nature, une abstraction philosophique, mais notre chair, notre vie, qu’il prend notre condition, il ne fait plus qu’une chair avec nous.
Le même sang coule dans nos veines, la même lumière réjouit nos yeux, la même douleur torture nos membres : chez nous - entaché de péché, chez lui – porté par la seule et infinie miséricorde du Père.
Le Fils de Marie est la parole de bénédiction que le Père prononce sur tout commencement humain. Aucune vie qui soit sans valeur, car désormais toute vie humaine est apparentée à Dieu. Aucune joie de cette terre qui soit purement éphémère, car elle a été gravée dans le cœur de Dieu. Aucune souffrance qui soit totalement absurde, car Dieu l’a inscrite dans son corps.
Cette Parole qui vient de Dieu, Marie l’a reçue, l’a gardée et l’a mise au monde. Elle la reçue dans sa foi, dans l’adhésion de sa volonté, dans la clarté de son intelligence. Elle s’est donnée à l’œuvre de Dieu, et c’est d’elle que le Verbe éternel a reçu notre chair. Ce qu’il offre pour notre salut, c’est Marie qui le lui donne. Ce corps, cette histoire, ces souvenirs, ce cœur humain, doux et humble, c’est d’elle qu’il l’a reçu, c’est pour nous qu’il l’a offert. La bénédiction des origines repose enfin dans nos vies.
Par Marie, la parenté la plus réelle s’instaure entre nous et Dieu – celle de sang, celle de la vie quotidien en commun, celle de mémoire et des espoirs partagés, celle du travail accompli ensemble. Elle est vraiment Mère de Dieu, en son descendant sont bénis tous les enfants de la terre.

Par Marie nous est venue la bénédiction du Père, qu’elle soit bénie à son tour. Qu’elle soit aimée par chaque cœur chrétien, et surtout qu’elle soit imitée par chaque âme chrétienne ! Puissions nous devenir pour nos proches la bénédiction du Père, puisse sa Parole établir en nous sa demeure ! Et Dieu verra tout ce qu’il aura fait en nos vies, et voilà que tout cela est très bon.

fr. Pavel Syssoev, op


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