Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

 

L’attrayant désir de la vie éternelle

XXVIII° Dim T.O.

La vie éternelle, elle existe. Si tel n’était pas le cas, notre Seigneur Jésus ne nous en aurait pas fait promesse et il n’aurait pas insisté pour nous lancer à la quête de cette vie dans laquelle l’homme s’unit à son Dieu pour le voir face à face. Dans la vie courante, nous ne pouvons pas combler tous nos désirs, aussi riches que nous soyons. Dans la vie éternelle par contre, seront comblés de biens tous nos désirs parce que nous entrerons dans la joie de notre Dieu. Voilà la raison qui attire l’homme qui avait de grands biens à venir vers Jésus.

Pas mal, cette histoire. L’histoire d’un homme qui, à première vue,  avait bien mené sa vie dans sa jeunesse mais qui un jour, semble échouer lamentablement. Cet homme dont on sait qu’il est riche, contrairement à d’autres que Jésus appelle à le suivre, c’est lui qui accourt vers Jésus. Il ne veut pas simplement y aller, mais il se précipite à la rencontre du Christ. Voyez-vous, cet empressement d’un homme riche, possédant des grands biens, mais qui a hâte de rencontrer le Seigneur. Cet homme est pressé de voir le Seigneur et il y arrive. Il engage un dialogue avec Jésus, bon maître, que faut-il faire pour avoir la vie éternelle ? Une belle demande, la vie éternelle, la meilleure des choses, la fin de tous les désirs. Il a certainement entendu les enseignements de Jésus sur la vie éternelle, le royaume de Dieu qu’il faut chercher avec empressement. Au fait, à quoi sert à un homme de gagner le monde s'il en vient à perdre son âme ? A cette question, que lui répond Jésus ? Tu connais les commandements. Oui, les commandements nous les connaissons tous. Il n’est pas inutile de les rappeler dans leurs grandes lignes : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d'adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère… Figurez-vous que l’homme en question a suivi et observé tous ces commandements, mot à mot, à la lettre. Et cela dans sa jeunesse.

Alors Jésus posa sur lui son regard et se mit à l’aimer. C’est là que tout bascule pour le jeune homme. Car il ne s’agira plus tout simplement pour lui d’observer les commandements, Jésus l’invite à faire un pas de plus en vue d’avoir en héritage la vie éternelle pour laquelle il se préoccupe. Une seule chose te manque lui dit Jésus. C’est vrai, sinon cet homme n’aurait pas eu besoin de demander à Jésus : Maître, que dois-je faire ? Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi.  Jésus, révèle à celui qui le questionne ce qui l’empêche d’être pleinement libre pour hériter la vie éternelle. Cette exigence nouvelle semble dure. Très dure. En effet, l’homme, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.

La vie éternelle est un don et non un dû. Pour l’hériter, Jésus nous dit : va, allège-toi, désencombre-toi de ta vie antérieure, de tes habitudes anciennes, puis viens et suis-moi. Suivre le Christ pour être son disciple, c’est opter pour un nouveau style de vie. Un style de vie difficile, car il s’agit de faire du chemin avec le Christ. Et le chemin avec Jésus est un engagement constant, exigeant et pas toujours glorieux. Le disciple devra contempler tous les jours la vie du maître et non pas seulement se limiter à la fascination que provoquent ses enseignements.

En effet, on le voit, dans l’ordre de la relation avec le Christ, il ne suffit pas d’être fasciné ou d’être séduit par sa personne, on se tromperait et on risquerait de ne pas mesurer les exigences de la vie nouvelle en Jésus. Les chemins du Seigneur sont quelquefois déconcertants et déroutants : souvenez-vous, le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer sa tête. Sous-entendu le renoncement à l’aisance matérielle et au confort, le manque de repos, un total dépouillement. Voilà ce qu’un fanatique ne saurait imiter ou qu’il n’imiterait pas longtemps. L’enjeu est bien plus grand qu’une simple fascination: il s’agit de s’ouvrir aux exigences de la vie du Christ. Bien sûr, pour y parvenir, il ne suffit pas toujours d’envisager la vie ordinaire. Ce que le Seigneur nous demande, c’est de venir à sa suite, le suivre jusqu’au bout. Nous avons besoin de tout lâcher pour tout découvrir. C’est en suivant le Christ que nous retrouvons les vraies raisons de vivre.

Dans notre désir de la vie éternelle, nous ressemblons un peu à cet homme de l’évangile. Son histoire, c’est celle de toute la vie, c’est comme une parabole de toute l’existence chrétienne. A la fin du récit, l’homme s’en va tout triste parce qu’il quitte le Seigneur, il est un peu déçu, il pense à l’échec. Si l’histoire se termine mal pour cet homme, peut-être que nous, nous pouvons changer l’issue de cette histoire, de notre propre histoire. Nous pouvons décider de suivre le Christ. Et suivre le Christ suppose d’être un disciple, cela demande de faire ménage dans notre vie. Pour suivre le Christ, il faut renoncer à ce qui ne conduit pas à Dieu.

Il est vrai que souvent les soucis de la vie peuvent étouffer la parole semée dans un cœur, aussi pur soit-il. Les préoccupations de toutes sortes alourdissent notre cœur, et le rendent imperméable à l’amour de Dieu. Tant de désillusions, tant de contrariétés, tant des peines et des misères, nous rendent sourds à la parole de Dieu. Tant de convoitises et d’ambitions, d’orgueil, nous rendent insensibles à l’appel du Seigneur et nous éloignent de lui. Lorsqu’on accueille le Seigneur pour la première fois, on est plein de zèle et on voudrait faire des tas des choses. Il ne suffit pas d’être un feu d’artifice, mais une veilleuse qui continue de briller devant le Seigneur. Nous avons besoin de nous centrer en lui, de nous ressourcer en lui, à le mettre à la première place.

Jésus nous a donné l’exemple. C’est lui qui nous précède sur le chemin de la vie éternelle lorsque s’est manifestée sa gloire sur la croix. Voilà ce à quoi nous sommes appelés pour être disciples du Christ. A aimer jusqu’à la dimension de la croix, jusqu’à nous oublier nous-mêmes. Jusqu’à nous effacer, jusqu’à accepter de mourir un peu pour celui qui a besoin de nous. Tout cela est impossible sans notre Seigneur qui est la source de l’amour véritable. Et si le Christ est en nous, nous ne pouvons agir qu’avec amour, alors nous aurons une vision plus claire de la vie éternelle.

fr. Antoine Tingba o.p.


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