Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Couvent des Dominicains / Dimanche 8 septembre 2013 / 23° dimanche du T.O. 

Homélie du fr Jean-Ariel Bauza-Salinas / Lc 14, 25-33  

Sur le seuil du collège des Thérésiennes de Barcelone, Gaudi a gravé ces trois mots : Todo se pasa. Tout passe. C’est, bien sûr, un verset du célèbre poème de sainte Thérèse d’Avila : Que rien ne te trouble. Que rien ne t'effraie. Tout passe. Dieu ne change pas. La patience tout obtient. Qui possède Dieu ne manque de rien. Dieu seul suffit. 

Tout passe : celui d'entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple.

Dieu seul : si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.


Jésus est radical. Sa parole est sans concessions. C’est tout ou rien. Pas de demi-mesure.

Le Christ ne nous épargne rien : il ne nous offre pas un discours gentillet du genre : « venez à moi et vous trouverez le confort ». Non : il nous dit : si vous ne me préférez pas, moi, même à sa propre vie, vous n’êtes pas mes disciples.

Qu’est-ce donc qu’être disciple ? Suivre le Christ et lui seul. Mais en portant sa croix : celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple.

Jésus ne nous dit pas de laisser la croix au bord du chemin : il nous appelle à le préférer, à le suivre en la portant, notre croix. Et que trouvons-nous sur cette croix ? Sur elle nous trouvons gravés les noms de ceux à qui Dieu nous a confiés et de ceux qu’il nous a confiés : père, mère ; femme, enfants ; frères et sœurs.

Oui,  nous sommes appelés à marcher derrière lui : Dieu seul, Dieu seule fin dernière. Dieu mon seul Amour : solo Dios basta. Dieu seul suffit. Mais tout en marchant derrière lui, je peux et je dois déposer dans le cœur de Dieu tous ceux qui sont sur ma route, tous ceux qui ont fait que je puisse être sur cette route, et tous ceux qui m’accompagnent sur cette route ou qui font un bout de chemin avec moi. 

Et, bien sûr, je dois déposer en Dieu la route toute entière, avec ses cailloux, ses sources, ses fleurs et ses épines. Ma vie toute entière. Et Dieu deviendra lui-même la route : je suis le chemin. Je suis ton Chemin, ta Vérité et ta Vie. Pour toujours.


Dieu ne change pas. Tout passe : tout ce qui n’a pas été donné nous sera repris. Tout ce qui aura été déposé en lui donnera beaucoup de fruit. Voilà ce que voulait dire Gaudi aux sœurs et aux élèves de ce collège de Barcelone. Tout passe. Dieu ne change pas. Suis-moi.

Nous ne nous appartenons qu’en lui appartenant.

 

fr. Jean-Ariel BAUZA-SALINAS o.p.


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