Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

MARIE, MERE DE DIEU ! 

Que viennent contempler les bergers à la crèche ? Que vont-ils raconter de ce qu'ils ont vu ? Ils ont vu plus qu'une famille ! Plus que la naissance d'un enfant dans une pauvre crèche ! Ils ont vu, comme les anges le leur avaient annoncé, la venue de Dieu dans la chair. C'est ce qu'ils nous ont rapporté et que nous avons contemplé ces jours-ci, c'est Noël !

Et c'est dans cette lumière de Noël que l'Eglise nous invite à méditer aujourd'hui le mystère de Marie, Mère de Dieu. Vous me permettrez de prêter ma voix à un auteur célèbre qui durant un Noël de captivité en 1940 a su évoquer ce merveilleux mystère de la Mère de Dieu.

« La Vierge est pâle et elle regarde l’enfant. Ce qu’il faudrait peindre sur son visage, c’est un émerveillement anxieux qui n’a paru qu’une fois sur une figure humaine. Car le Christ est son enfant, la chair de sa chair et le fruit de ses entrailles. Elle l’a porté neuf mois et lui donnera le sein et son lait deviendra le sang de Dieu. Et par moment, la tentation est si forte qu’elle oublie qu’il est Dieu. Elle le serre dans ses bras et elle dit : « Mon petit ».

Mais à d’autres moments, elle demeure interdite et elle pense : Dieu est là, et elle est prise d’une horreur religieuse pour ce Dieu-muet, pour cet enfant terrifiant. Car toutes les mères sont ainsi arrêtées par moments, devant ce fragment rebelle de leur chair qu’est leur enfant, et elles se sentent en exil devant cette vie neuve qu’on a faite avec leur vie et qu’habitent des pensées étrangères. Mais aucun enfant n’a été plus cruellement et plus rapidement arraché à sa mère, car il est Dieu et il dépasse de tous côtés ce qu’elle peut imaginer…

Mais je pense qu’il y a aussi d’autres moments, rapides et glissants, où elle sent à la fois que le Christ est son Fils, son petit à elle, et qu’il est Dieu. Elle le regarde et elle pense : «  Ce Dieu est mon enfant. Cette chair divine est ma chair. Il est fait de moi, il a mes yeux et cette forme de sa bouche, c’est la forme de la mienne, il me ressemble. Il est Dieu et il me ressemble. »

Et aucune femme n’a eu de la sorte son Dieu pour elle seule, un Dieu tout petit qu’on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire, un Dieu qu’on peut toucher et qui rit. Et c’est dans un de ces moments-là que je peindrais Marie si j’étais peintre… » signé : Jean-Paul Sartre.

 

O Marie, tu es vraiment Mère de Dieu et notre mère. Et Celui qui se donne maintenant à nous dans cette Eucharistie, c’est toi qui nous l’a donné. Oh, puissions-nous, Vierge Marie, par la grâce merveilleuse que tu as reçue de Dieu, accueillir nous aussi Jésus tout au long de cette année, avec la foi, l’amour et l’esprit d’adoration qui sont les tiens aujourd’hui ! Amen.

Fr. Antoine-Marie BERTHAUD, o.p.

fr. Antoine-Marie BERTHAUD op


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