Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Comme un Noël avant l’heure !

- Fête de la Nativité de la Vierge Marie - 

Comme un Noël avant l’heure ! La paix prophétisée, Bethléem rappelée, la généalogie proclamée, oui, c’est Noël avant l’heure ! La joie de Noël rapportée à Marie, la Mère du Seigneur. La joie de Noël mise à nouveau à notre portée.

Car une fête comme celle-ci nous projette vers la lumière divine. Comme nous aimons Jésus bébé, voici Marie, bébé ! On sait que certaine sainte normande la voyait  « plus Mère que Reine », mais aujourd’hui la voici d’abord nouveau-né.

Et l’Eglise spontanément la loue, elle se réjouit pour un nouveau-né.

Alors que d’autres fêtes ou mémoires liturgiques pourraient plus aisément être comprises : celle de personnages qui ont marqué l’Histoire de l’Eglise : les saintes Blandine, Hélène, les saints Augustin, Paulin de Nole, Martin, Benoît, Dominique, Vincent de Paul, ou sainte Mère Teresa, mémoire de saintes et de saints innombrables dont la vie fut transfigurée par la grâce du Christ, ayant voulu chacun suivre le Seigneur comme des disciples et des apôtres, et dont chacun de nous pourrait citer une réalité admirable ou un propos déterminant ; voilà qu’aujourd’hui c’est seulement d’une naissance qu’il s’agit !

- Faudrait-il alors souligner la valeur unique d’une naissance ? Qu’il en soit ainsi !

- Faudrait-il alors remarquer un lien entre la naissance de Jésus qui serait déterminante sur celle de sa mère ? Mais, vous me direz, c’est chronologiquement le monde à l’envers !

- Faudrait-il alors privilégier notre attention envers cette naissance, une venue au jour, alors que notre époque par bien des aspects semble s’enfoncer vers des ténèbres presque désespérantes ! Ce serait en effet significatif de l’espérance chrétienne !

Nous honorons aujourd’hui Marie, car elle donne corps à tout cela : à ces trois réalités : la valeur de la naissance, le rayonnement de la venue du Seigneur Jésus sur toute personne et l’espérance chrétienne, vertu des plus vitales au quotidien.

Mais pourquoi ne pas souligner la perspective que nous dessine cette fête : voir le monde selon le Christ et à partir du Christ.

Notre quotidien si violent, désespérant à longueur de titres d’infos, un  monde qui tente de trouver des raisons de vivre derrière des séquences qui se fanent, qui n’ose vivre à hauteur de choix humains, qui ne sait retenir des critères basés sur ce qu’est la personne humaine, et sa vocation, ou ne veut plus le faire, notre quotidien est aujourd’hui illuminé par celle dont la nativité annonce aussi celle du Seigneur ! Et la Parole de Dieu la célèbre.

Oui, il est vital qu’au milieu de mille détresses, Dieu soit le premier servi et sa mère honorée. Car il est vital que l’homme sache que « capable de Dieu », comme le disaient les Anciens, il n’est pas d’abord un loup pour l’homme ; et la venue de Marie annonce que la joie divine visite la terre, un lieu, un peuple certes, mais ce faisant, que cette joie visite la Création entière. Et que nos cœurs peuvent en être pénétrés.

Cela ne se voit pas, me direz-vous… Mais c’est parce que des activités mauvaises de l’homme, la nuisance du péché et de son auteur en sont alors les artisans !

Celle que la grâce a comblé, la Toute-sainte, ne nous distraie pas de notre temps : comment une naissance pourrait-elle ne pas nous tourner vers le réel !

En revanche, en nous forçant à tenir compte de la réalité la plus commune, une naissance, elle nous apprend à accueillir la lumière de Dieu, la capacité divine à laquelle toute personne peut donner corps, pour que la vie et ses choix coopèrent avec ceux de Dieu pour tous, jusqu’à la Gloire.

Puisse cette naissance nous rajeunir en Dieu ! Aurore de notre salut, qu’elle nous enthousiasme ! 

Fr. Hugues-François Rovarino, dominicain

Couvent de Bordeaux

fr. Hugues-François ROVARINO, o.p.


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