Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

7 regards sur l’Agneau de Dieu avec les premiers disciples
 
Après le temps de l’Avent, de Noël et de l’Epiphanie, nous pouvons résumer et dire que Dieu, le Verbe fait chair, a été manifesté
                        - à des bergers
                        -  à des mages guidés par une étoile
                        -  au vieillard Siméon et à la prophétesse Anne
                        -  à Jean-Baptiste près du Jourdain
                        -  à deux disciples de Jean-Baptiste qui aujourd’hui
                            deviennent disciples de Jésus.
                        - et bientôt à l’ensemble des disciples réunis à Cana à
                            qui il manifestera sa gloire et ils croiront en lui.
 
Et à nous autres, le Verbe pourrait-il se manifester davantage ? À notre monde, à notre France, percluse de désespérance, oublieuse de Dieu, qui ne sait distinguer sa droite de sa gauche, son péché de sa prétendue bonne foi ?
Oui, le Verbe de Dieu continue de se manifester, et voici comment :
 
1. Dans un monde déboussolé, désenchanté, ne croyant plus au bienfait d’une religion révélée portant le message d’un Dieu bienveillant et transcendant, les deux disciples de Jean-Baptiste répondent : « Nous avons trouvé le Messie » ; autrement dit nous le cherchions, lui, l’espérance d’Israël, l’espérance des Nations ; nous marchions guidés par cette boussole intérieure qu’est l’espérance.
 
2. Dans un monde persuadé d’être libre et dans son bon droit, sincère et inconscient de son péché, les deux disciples et tout le peuple venu au désert pour se faire baptiser par Jean répondent : nous avons péché, nous avons besoin d’être purifié dans le repentir, nous confessons notre faute ; nous nous laissons laver par les avertissements du prophète, par ses invectives qui nous préparent à accueillir Celui qui vient sauver son peuple de ses péchés.
 
3. Dans un monde brillant, impeccable en ses voies, nous accueillons l’humble témoignage de Jean-Baptiste qui confesse, qui ne nie pas, qui confesse : Je ne suis pas le Messie, ni le prophète, ni Élie… Alors ? Une voix qui crie dans le désert, rendez droits les chemins du Seigneur.
 
4. Dans un monde prônant la force et méprisant la faiblesse, avec la foule du désert nous avons vu Jésus descendre dans les eaux du Jourdain comme le pécheur qu’il n’est pas, et remonter pour être manifester pour ce qu’il est vraiment : le Messie, oint par l’Esprit, attesté comme Fils de Dieu.
 
5. Dans un monde fatigué, ne sachant lire les signes des temps, prompt à suivre les marchands de superstitions, avec les deux disciples nous accueillons cette prophétie mystérieuse de Jean-Baptiste : Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Dès lors, nous cessons de suivre Jean : nous nous mettons à l’école de l’Agneau, nous apprenons de lui qu’il est doux et humble de cœur et nous laissons refaire auprès de lui.
 
6. Dans un monde malade et ignorant, nous témoignons avec les disciples que Jésus est le bon médecin, Rabbi puissant en paroles et en actes pour guider et guérir nos vies. À partir de cette heure nous demeurons auprès de lui.
 
7. Dans un monde saturé de mauvaises nouvelles et de peurs, nous allons avec André trouver son frère Simon : nous présentons nos frères à Jésus afin qu’il plonge son regard en eux et les baptise dans son amour invincible.
 
 
Si vous deviez retenir quelque chose de l’Evangile de ce dimanche, retenez 3 mots de l’Evangéliste Jean (l’autre disciple qui a suivi Jésus avec André) ; 3 mots suffisamment importants pour que Jean les donne en langue sémitique et aussitôt les explique aux lecteurs de la Bonne Nouvelle que nous sommes. Ces trois mots : Rabbi, Messie, Képhas :
 
1.   Rabbi, qui traduit se dit « Maître »
2.   Messie, qui traduit est « Oint »
3.   Képhas, qui se traduit « Pierre »
 
1.   Rabbi, « Maître », car nous avons besoin de Jésus pour nous structurer.
2.   Messie, « Oint », car la faveur de Dieu pour son Fils nous est communiquée et nous sommes en lui d’autres christs par le baptême
3.   Képhas, « Pierre », car le charisme conféré à Simon signifie que Jésus, pierre angulaire où s’édifie l’Eglise, est avec nous, comme un roc inébranlable, jusqu’à la fin de ce monde, ce monde qui a tué Jésus sur une croix, mais que Jésus-Christ a aimé et sauvé, à qui il a tout pardonné.

fr. Nicolas-Jean PORRET, op


Connexion | Plan du site | ©2013 Dominicains de Bordeaux