Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

L’amour demeure
Homélie pour le sixième dimanche du temps pascal
 
Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j'ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie.
Ce passage est la synthèse, voire la conclusion du ministère terrestre de Jésus et de son enseignement aux apôtres. Trois révélations données d’un coup. Appel à la fidélité aux commandements, à l’amour, à la joie. Tout se tient. Jésus commence par affirmer avec force qu’il garde fidèlement les commandements de son Père. Jésus aime le Père de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force. Il a gardé fidèlement les commandements du Père et il est demeuré dans son amour. Sa passion et sa mort sur la croix témoignent de ce grand amour.  Rien ne le sépare de Dieu son Père et il donne sa vie pour ses amis que nous sommes.
Jésus nous a communiqué l’amour qu’il a reçu du Père et il nous invite non pas seulement d’en vivre mais d’y demeurer.  Pour demeurer dans son amour, il s’agit pour nous d’être fidèle aux commandements du père comme Jésus a été fidèle. Une fidélité à son père qui l’a amené jusqu’à la croix. En dépit de ce que représente la croix, aimer est un chemin de joie. L’appel de Jésus associe amour et joie. Jésus nous dit combien Dieu nous aime et nous invite à lui être fidèle.
Aussi nous invite-t-il à demeurer dans ce même amour. Demeurer dans l’amour de Dieu, c’est accepter la présence de Dieu dans notre vie, la présence de ce Dieu qui est Amour ; c’est lui qui nous a créés par amour et qui nous a aimés jusqu’à livrer son Fils unique pour le pardon de nos péchés.
Laissons ces paroles nous rejoindre et nous transformer. Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Jésus aime chaque disciple, chacun de nous comme son père l’aime. L’amour dont Jésus aime ses disciples, dont il nous aime, c’est celui dont lui est aimé du Père. L’union vitale que nous avons avec Jésus est comparable à celle que lui a avec son père. Jésus nous conduit vers cette vie de communion. Le Père et le Fils entrent en relation avec tout disciple fidèle. 
Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Toute la loi atteint sa perfection dans ce commandement. Jésus  y accorde une valeur absolue, il l’appelle mon commandement. C’est gratuitement qu’il nous donne cet amour qu’il reçoit du père. Tout ce qu’il a appris du père, il nous l’a fait connaître. Pour Jésus, aimer, c’est accomplir les mêmes œuvres que son père. Si nous arrivons à centrer notre vie dans le grand cœur de Dieu, alors nous serons comblés de joie.
La joie de Jésus vient de ce qu’il observe avec amour les commandements de son père. Il est venu nous combler de cette joie. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. Jésus veut pour nous la joie de la vie éternelle, celle qui ne peut nous être enlevée.
La joie du Christ ressuscité c’est la joie en plénitude. La joie authentique qui se répand dans le cœur libéré du péché. Cette joie autant que l’amour qui est réalisé dans le mystère de la passion, de la mort et de la résurrection du Christ exprime parfaitement la victoire de la grâce sur le péché, celle de la vie sur la mort. C’est la joie du royaume déjà ici et là, mais encore en germe pour notre terre. Cette joie nous la recevons par grâce, il s’agit d’entrer dans le dessein de Dieu, de s’épanouir à la suite du Christ.
Demeurez dans mon amour, invitation faite à vivre de cet amour, de cette joie.  Car c’est en Dieu seul que nous trouvons le sens de la vie. Nous croyons en un Dieu dont la présence est une force. Ce Dieu qui est amour. Amour du père, amour du fils, fidélité du disciple à cet amour de Dieu par la force du saint esprit.
Aimer c’est ce que Jésus nous commande en premier et en dernier. Jamais un amour isolé. Mais toujours en relation soit avec le père, soit avec lui-même, soit avec les hommes.  Demeurez dans mon amour, aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Croire sans aimer, ce n’est plus possible. Aimer oui, en acte et en vérité. Il s’agit pour nous d’aimer son père, de l’aimer lui, en demeurant fidèle à sa parole, de se laisser aimer par le père et par lui. Il s’agit aussi de nous aimer entre nous les humains.
Au moment où nous réalisons que l’heure est venue pour Jésus de passer de ce monde à son père, nous saisissons combien l’enjeu est de demeurer en communion avec Lui, en acceptant la séparation pour devenir pleinement sujet de notre acte de croire en lui, croire à sa parole, croire à son commandement d’aimer.  
Que le Seigneur nous donne d’aimer comme lui-même nous aime.

fr. Antoine Tingba, op


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