Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Fête Dieu 2015,

année B  Mc 14, 12-16.22-26

Ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude.

 

Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude.

Ce sang crée le peuple, ce corps bâtit l’Église. Ce sang crée le peuple, car nous n’étions pas un peuple et sans miséricorde, en lui, Dieu nous fait miséricorde. Ce corps bâtit l’Église, car tous en communiant au même corps nous ne faisons qu’un en lui. Ce sang est versé pour nous, afin de nous faire mourir à tout ce qui n’est pas vie. Ce corps est livré pour nous afin de nourrir en nous la vie éternelle. L’Alliance nouvelle et éternelle est nouée en notre chair chaque fois que nous communions à ce corps et à ce sang.

L’Église célèbre l’Eucharistie et l’Eucharistie fait l’Église. Tout en Église est eucharistique. Elle l’est dans son origine : en effet, le peuple des croyants est engendré par la mort et la résurrection du Seigneur. Ce sacrifice de la Croix et cette victoire de la Pâque nous sont donnés en Eucharistie. L’Église est eucharistique dans sa vie présente : elle est l’offrande de soi à Dieu le Père par l’action de l’Esprit. Elle est eucharistique dans son avenir : nous sommes appelés à entrer dans cette gloire qui se livre à nous sous les humbles apparences du pain et du vin.

Notre baptême nous ordonne à l’Eucharistie : la recevoir, en vivre,  la devenir. Plus la grâce du baptême grandit en nous, plus nous sommes à la louange de sa gloire, comme dit l’apôtre, plus nous sommes l’action de grâce dans la chair de notre quotidien, dans le sang de nos combats. Notre confirmation fait de nous des témoins de ce sacrement : dire la gloire de Dieu, amener les hommes à l’aimer, à l’adorer, à en vivre –c’est pour cela que l’esprit nous a marqués par son sceau. Si notre complicité avec le mal nous éloigne du corps très pur de notre Sauveur –il est le feu dévorant !- la confession est là, pour nous laver dans son sang et nous rendre dignes de prendre part au festin des noces de l’Agneau. Quand la faiblesse de notre corps, l’angoisse de la mort, le danger pour notre vie pèsent sur nous, l’onction des malades nous unit au Christ mort et ressuscité, réellement présent dans ce sacrement de l’autel, pour que sa résurrection devienne la nôtre. Quand viendra pour nous le moment de mourir, puisse ce corps du Christ, déposé en nous communion après communion, éclore en vie nouvelle !

Nul ne peut s’emparer de cette vie, nous ne pouvons que la recevoir. Cette liberté souveraine de Dieu  rayonne dans le sacrement de l’Ordre. Jésus appela à lui ceux qu’il voulait. Ils vinrent à lui, et il en institua douze, pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher, avec le pouvoir de chasser les démons, (Mc 3, 13-15). Depuis ce moment, ils prêchent, ils libèrent du mal, ils enseignent, mais surtout ils sont avec lui, ses compagnons, ils sont ministres de sa présence. Leurs vies bâtissent la demeure de Dieu dans notre histoire, et ce jusqu’à la fin des temps. L’Eucharistie, fruit de leur offrande, le sacrifice où le don de leur vie se mêle à celui du Christ, puisse-t-elle susciter de nombreuses vocations sacerdotales, car sans elles, notre vie chrétienne tombera en ruine !

Le mariage enfin, le sacrement eucharistique par excellence. Ce n’est pas la famille qui fonde l’Église, c’est le mystère de l’Église qui fonde la famille chrétienne. Le Christ a aimé l’Église, il s’est livré pour ellece mystère est de grande portée, je veux dire qu’il s’applique au Christ et à l’Église. En ce qui vous concerne, que chacun aime sa femme comme soi-même et que la femme révère son mari (Eph 5, 25…33). L’Eucharistie, le corps à corps du Sauveur et des rachetés, est la présence source de cette Alliance que l’union conjugale réalise.

Tout ce que nous sommes vient de ce sang, est nourri de cette chair. Si pour des raisons quelles qu’elles soient, nous ne pouvons pas encore jouir pleinement de ce sacrement, désirons-le avec respect et confiance. Le Seigneur n’abandonne jamais ceux qui crient vers lui. Il comblera notre désir bien au-delà de notre attente. Le Fils de la promesse est donné à l’humanité assoiffée par des chemins qu’aucune sagacité humaine ne peut prévoir, et sa venue est plus certaine que toute la sagesse de notre monde.

 

Ce sang crée le peuple, ce corps bâtit l’Église. Célébrons Dieu dans son infinie miséricorde. Voici qu’il vient, partons à sa rencontre

fr. Pavel Syssoev, op


Connexion | Plan du site | ©2013 Dominicains de Bordeaux