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Place au Je(û)ne ! Un Devoir de Carême  -  Mercredi des Cendres

Fr. Hugues-François Rovarino, dominicain

Dans quelques minutes, les cendres, grisâtres, informes, sans poids… Bref, des cendres, posées là sur le front, dans un signe de croix. Au geste s’alliera une parole : « Souviens-toi que tu es poussière, et que tu redeviendras poussière », leçon d’humilité ; ou bien : « Convertissez-vous et croyez en l’Evangile », exhortation radicale : elle annonce que notre Carême pourrait durer, qu’il pourrait bien être à vie. Tristesse ? En réalité, les deux paroles sont des leçons de vie. Elles ouvrent ce temps de quarante jours, mais pour qu’après le désert, guidés par un nouveau Moïse, nous entrions grâce au Seigneur en Terre Promise : le Ciel, derrière une croix de cendres, la grâce nous oriente ! Dans quelques minutes ; un instant pour l’éternité ! Les cendres nous attendent ; et nous sommes venus les recevoir. Donc  quelques recommandations pour que la joie de l’Evangile nous envahisse, nous renouvelle, nous élève ! 

C’est pourquoi, première recommandation, ayez tout sauf une face de Carême ! Pourquoi ne serait-ce pas notre effort pour ces quarante jours ? Avoir une face de carême signifie : visage triste, reflet de privations : celles de la nourriture, voire du sommeil. Accompagnant une période de jeûne et de prière, l’air austère peut nous coller à la peau. Mais pourquoi Dieu ne fréquenterait-il que des faces de carême ? « La joie du Seigneur est notre rempart ! » Le prophète le crie. Cette joie sera la trace sur nos visages de la présence de la grâce en nos cœurs. Nous jeûnons pour faire de la place à Dieu ! Ayons la sagesse de saisir cette occasion ! Notre joie est là, passant de la main de Dieu à notre cœur, par pure miséricorde ! Par miséricorde en retour, faisons offrande de notre joie chrétienne. Le carême nous offre la joie de vivre comme des disciples bien-aimés, en répondant davantage à l’appel du Seigneur : la liturgie nous y aide, la charité le demande.   

Mais il nous faut consentir à ce changement. D’où la deuxième recommandation, place au je(û)ne ! Autant au jeune de la jeunesse, qu’au jeûne de l’allègement. Jeune, de deux façons : le jeûne dont parle l’Evangile et le jeune qui est en vous. Le jeûne par lequel le Seigneur veut nous rencontrer, et qui libère, et le jeune qui rencontre Jésus-Christ pour être libéré et le suivre. Mais permettez-moi d’insister sur… le plus jeune ! La jeunesse de l’Evangile ou le renouvellement qu’il met en nous est une évidence. Cette jeunesse, c’est sa grâce. Elle répond à ce que nos cœurs vont porter de meilleur, de plus vivant, d’enthousiaste, de capacité à répondre don pour don au Seigneur ! Alors allons-y : on a quarante jours pour rendre cela plus vrai, plus intense. Place au jeune qui est en nous ; cette jeunesse c’est celle des saints que la grâce a transformés en coopérateurs de Dieu, et qui rajeunit l’Eglise qui « n’avance que par ses saints » ! Vivons le jeûne qui plaît à Dieu ! Que le Seigneur revigore l’ardeur de nos choix pour lui !

En pratique cela donnera :

  • Lui donner du temps, le privilégier dans notre agenda et par le jeûne ; demander son pardon, se confesser ; rechercher le silence pour être avec Lui et sa Parole « cœur à cœur » ;
  • aider son prochain : fuir les rumeurs, ne pas colporter les murmures blessant ; aider fidèlement ;
  • se former : lire le Catéchisme, Youcat ou des publications de ce genre, pour organiser ses connaissances, les affermir et pouvoir à la fois « rendre compte de l’espérance qui est en vous » et guider.

Voilà notre devoir de Carême ! Laissez la grâce de l’Evangile vous renouveler : votre avenir est dans cette espérance ! 

fr. Hugues-François Rovarino op


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