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Une Annonciation dans la Lumière pascale ! 

La lumière et la grâce ne cessent de rayonner : l’Octave de Pâques ouvre aujourd’hui la place à l’Annonciation du Sauveur. Si communément, cette fête illumine notre marche en Carême, parfois comme aujourd’hui, elle se retrouve placée après Pâques. Voilà bien une leçon !  La leçon vient de Pâques, de la Passion et de la Résurrection du Seigneur ; et de la Miséricorde de Dieu, qui s’y déploie.

En contemplant les Mystères du Seigneur, nous avons eu la grâce de considérer chacun à l’aune de ces mystères : Marie-Madeleine, Simon-Pierre, Jean. Hier encore, Thomas était confronté à son Seigneur et à son Dieu. Il était appelé non seulement à le confesser mais à voir son identité, et il ne le reconnut pas en regardant son visage de Ressuscité, mais en raison même des plaies glorieuses qui marquaient sa passion et manifestaient la Miséricorde de Dieu ! C’est la foi de chacun des disciples et des amis du Christ-Jésus, qui s’est ainsi exprimée, selon les moments de cette Octave !

Aujourd’hui, il en va de même. Nous pouvons reconnaître dans le mystère de l’Annonciation, au-delà d’un instant unique, la révélation de l’identité d’une personne, une nazaréenne visitée par un envoyé de Dieu ! Grâce à Dieu, au sens plein de l’expression, elle découvre son identité que saint Luc écrira sous une expression incomparable : Grâce-sur-grâce, en grec : « kékaritôméné ».

Et dans la lumière de Dieu, elle apprend non seulement son identité, mais une mission, d’un réalisme bouleversant et presqu’incompréhensible. Enfin, elle a la sagesse d’y consentir de tout elle-même. En effet, si l’on a pu dire que toute jeune fille aurait rêvé de mettre au monde le Messie de Dieu, il faut cependant mesurer ce qu’a d’immensément surprenant le message de l’Ange. En réalité, ne fallait-il regarder le monde du côté de Dieu pour pouvoir annoncer une telle nouvelle : « Enfanter le fils du Très-Haut, elle qui ne connaît point d’homme, participer à sa nomination quand c’est l’homme qui devrait le faire ». Enorme ! Et ne fallait-il pas être envahie par Dieu pour murmurer cordialement : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ».

La sagesse est de consentir à Dieu. La miséricorde de Dieu n’avait-elle pas gagné le cœur de la Comblée de Grâce, son âme. De la Croix de la Passion est venue mystérieusement cette grâce qui aura pu combler Marie. Ainsi put-elle consentir à l’inouï. Ainsi nous apprend-elle aussi à consentir à Dieu ! Rarement la Croix et la révélation de l’identité de Marie auront ainsi été rapprochées en cet ordre par la liturgie, mais quelle leçon ! Ne le dit-on pas lors de la célébration de l’Immaculée Conception ?

Seigneur, tu as préparé à ton Fils une demeure digne de lui par la conception immaculée de la Vierge ; puisque tu l’as préservée de tout péché par une grâce venant déjà de la mort de ton Fils, accorde-nous, à l’intercession de cette Mère très pure, de parvenir jusqu’à toi, purifiés, nous aussi, de tout mal.

S’il y a bien une lumière pascale qui irrigue l’Annonciation, elle est là. Aujourd’hui, après tant d’autres saints et saintes de Dieu, disciples connus ou non, consentons nous aussi à Dieu. Comment ? Ecoutez : le mystère de Pâques nous porte à vouloir comme Dieu ! Et à vouloir ce que Dieu veut ; avec la simplicité de l’âme illuminée qui veut comme Dieu le veut.

 

Aussi laissons la grâce nous gagner : prenons le temps de laisser Dieu venir à nous ; chaque jour. Ne le quittons jamais avant d’avoir dit la prière des enfants de Dieu ; jamais avant d’avoir dit : « que ta volonté soit faite sur la terre, comme elle est faite au Ciel ; et qu’il me soit alors fait selon  ta parole. »

fr. Hugues-François Rovarino, op


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