Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

La pureté de cœur n'est pas l'absence du désir, mais son intégrité. Un cœur pur n'est pas celui qui n'aime rien ni personne, mais un cœur qui aime pleinement, qui aime de tout son être, qui aime l'autre dans tout son être.
Un cœur qui n'aime dans l'autre qui ce qui lui plaît, ce qui lui est utile ou agréable, qui aime l'autre dans un moment de sympathie passagère mais ne le porte pas dans la nuit et l'épreuve, un tel cœur n'aime pas l'autre tout entier, il n'est pas pur. Un cœur qui n'aime que de bout de lèvres, qui se garde et se dorlote, qui accorde son attention avec parcimonie, un tel cœur n'est pas pur.
Un cœur repus, savourant ses possessions ou ses tristesses, un cœur incapable de s'oublier, un cœur qui calcule et mesure : suis-je bien vu ? suis-je assez aimé ? a-t-on fait assez attention à moi ? - un tel cœur à amour recroquevillé, partagé, n'est pas pur.
Une pureté de cœur, c'est son intégrité. Son intégrité, c'est l'unité de son désir. Le désir s'unifie parce qu'il se porte vers celui qui aime sans réserve, Dieu. S. Grégoire de Nysse dit : c'est « le désir de l'éternel qui unit à la pureté de Dieu ». Plus le cœur s'unit à Dieu, plus il le désire, plus il le cherche, plus il est unifié, puissant, désirant, plus il est pur de la pureté même de Dieu.
Le cœur pur est libre. Il est libre car il n'est pas tiraillé par les attachements désordonnés, toujours en tumulte. Un cœur pur est libre, car il est grand et spontané ; encré en Dieu vivant, il s'avance avec une assurance qui lui vient non pas de ses propres forces, mais de la Seigneurie immortelle de Dieu. Un cœur pur est paisible : il voit tout en Dieu, même l'épreuve et la détresse. Un cœur pur est joyeux : son bien ne lui fait jamais défaut. Un cœur pur vit caché : le regard fasciné par la dispersion ne le remarque même pas. Tel est le cœur de Marie. Puisse le nôtre lui devenir semblable.

fr. Pavel Syssoev, op


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