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Une sainte Femme, notre guide : la maman de saint Jacques   -  Fr. Hugues-François Rovarino, dominicain 

Une sainte femme ! Sans doute est-ce ce qu’il faudrait retenir d’elle, la maman de saint Jacques [Matthieu 20, 20-28]. Une sainte femme et une bonne mère ! Elle ne manque pas d’audace, ni de… maladresse.

On l’aimerait plus réaliste. C’est d’ailleurs ce que Jésus lui répondra : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? »

Ce faisant il répond un peu à la maman, mais il intègre une adresse à Jacques et à Jean, les deux disciples sans doute ambitieux qui sont en train de se disputer les bonnes places pour un futur victorieux auprès du Seigneur. Un futur qui leur échappe. Moyennant quoi, nous nous apercevons que les enfants comme leur maman n’ont pas encore été saisis par le mystère auquel ils participent déjà.

Et pourtant… Il y a déjà eu pour Jacques et Jean deux moments majeurs qui les auront marqués ; avec Simon-Pierre n’ont-ils pas été les seuls témoins de la résurrection de la fille de Jaïre [Marc 5] et ceux de la Transfiguration [Matthieu 17] ?

 Associés plus que les autres au Mystère de Jésus, leur Maitre, peut-être aussi parce que Pierre a déjà été désigné comme ayant une place particulière dans le collège des Douze [Matthieu 16], voilà qu’ils désirent une place eux aussi. Si Jésus les a déjà choisis plus spécialement, pourquoi ne pas négocier un peu pour obtenir d’avantage ? Ils avancent cachés, faisant parler leur mère… Mais ils réclament. 

Certes, nous pourrions répondre avec les mots de Jésus. Et réagir comme le feront les dix disciples. Mais la grande réponse sera pour plus tard. C’est celle qui nous réunit. Celle où Jacques mettra en œuvre ce que Jésus vient de lui répondre : « Ma coupe, vous la boirez ».

Mais avant cela, il y a encore une étape à franchir, après la leçon que leur dit Jésus : « Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur … le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir. » L’étape supplémentaire sera pour bientôt : trois annonces de la Passion n’ont pas suffi. Il sera nécessaire que Jésus appelle encore Pierre, Jacques et Jean à part, à Gethsémani. Et surtout, qu’il aille jusqu’à « donner sa vie en rançon pour la multitude. »

L’intervention de la maman de Jacques était vaine. Sa maladresse fut une heureuse faute : elle permit la réponse de Jésus, une rectification du souhait des Disciples.

Ayant bénéficié de moments privilégiés, nos deux disciples ne le pressentaient pourtant pas. Mais si nous rendons grâce au Seigneur en ce jour, c’est en raison du témoignage du premier disciple mort martyre. La coupe il la boira ; la coupe il l’a bue. La communion à la volonté du Père, il la réalisa : à la Passion du Seigneur, il ajoutera son martyre…

A notre tour, bénéficions des leçons données et de la grâce de la Croix, pour que cette volonté demeure aussi notre priorité !  

 

 

25 juillet 2016 - Bordeaux

fr. Hugues-François Rovarino, op


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