Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Dominicains, huit siècles, mais quelle joie ! 

Pour les 10 ans de la Week-OP – Arcachon / Le Moulleau, Notre-Dame des Passes

Fr. Hugues-François Rovarino, dominicain

"Mon Dieu, ma Miséricorde, que vont devenir les pécheurs ?" Serait-ce là un slogan ? Ou bien oserai-je dire que la miséricorde serait venue ici en … vacances et qu’il faut la réveiller ? Non, les Dominicains publient ce soir un démenti : derrière ce cri, sourd une source.

Depuis plus de huit siècles, cette prière interroge Dieu. Et depuis plus de huit siècles, le Seigneur entend cette prière. Depuis plus de huit siècles, il répond au cri que lançait dans ses nuits Domingo, le castillan né à Caleruega en 1170, puis étudiant à Palencia et religieux à Osma.

Ce cri cessa de déchirer la nuit pour prendre chair à Toulouse une nuit de 1203. Avec lui, depuis plus de dix ans déjà Domingo avait d’abord entrepris de soulager la misère à Palencia, de désirer à Osma le martyre pour racheter des chrétiens enlevés par des razzias, au bord de son jeune diocèse. La miséricorde venant au secours de la misère d’affamés et de prisonniers… Pour Dominique, ce n’est pas assez. 

Et voilà ce qu’il en sera de la pleine réponse de Dieu : devenir prêcheur, œuvrer  à l’Evangélisation !

Au jeune homme qui priait : « Mon Dieu, ma Miséricorde, que vont devenir les pêcheurs ! » Dieu répondra : « Aux pêcheurs, proclame ma miséricorde ! Je suis avec toi pour te délivrer. Va et prêche ! » En quelques mots, tout serait-il dit ? Certes le silence peut aussi parler ; parfois, le silence prêche et  nos sœurs moniales expérimentent cela aussi.

Cependant, à la demande de Dieu, à la demande de sa Miséricorde pour les pécheurs, un prêcheur était né. Mais cela ne suffisait pas encore. Il lui faudra encore 13 ans pour que cela soit reconnu comme l’Ordre des Prêcheurs ! La prière a envahi l’être du prêcheur et l’Eglise a reconnu son Ordre religieux « institué pour la prédication et le salut des âmes ».

Pour que l’Ordre des Prêcheurs naisse et croisse, il lui fallait des personnes ; des jeunes filles comme des moniales à Prouilhe et en combien de monastères, et de congrégations ! Et des jeunes hommes avec Dominique deviendraient Prêcheurs à Toulouse et en combien de couvents ! Depuis, le Tiers-Ordre, la Famille, se sont répandus partout, de combien de façons !

"Mon Dieu, ma Miséricorde, que vont devenir les pécheurs ?" Nos vies répondent à cette prière ! Vos vies peuvent y répondre ! Chacune ou chacun, à sa façon, lié à l’Ordre ou non, baptisé ou pas encore peut-être, ensemble nous entendons la prière du fondateur.

C’est par Miséricorde que Dieu appelle et dit à chaque cœur : « Va et Prêche !  Oui, quand le Seigneur appelle, il n’y a rien de mieux à faire comme offrande que t’offrir toi-même, maintenant ou un jour prochain. La Miséricorde se rencontre par la prière, mais elle se fait aussi entendre par la prédication, par l’Annonce de la Foi chrétienne, par tous les moyens et médias, en demeurant au cœur de l’Eglise ! » Prêcher est un fruit de la charité ; une œuvre de Miséricorde ! Elle donne aux autres des clefs pour vivre et la joie de la conversion et du salut.

 

Huit siècles, certes ; mais vivre avec Dieu, quelle joie ! Vivre pour Dieu et ensemble, quelle grâce ! Et le vivre pour évangéliser ou prêcher, œuvrer pour le salut de tous, comment ne pas en rayonner avec gratitude et zèle !  

fr. Hugues-François Rovarino, op


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