Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

 
Le semeur est sorti pour semer. Jésus, le Fils de Dieu est sorti du Père pour ensemencer la terre de la vie divine. Le Fils féconde la terre pour qu'elle porte du fruit. Et la terre, bien sûr, c'est chacun de nous. Le semeur sème et les fruits sont attendus.
L'enjeu pour nous, c'est donc bien d'être une bonne terre pour que la semence divine puisse lever et donner son fruit. D’ailleurs, il y a une révélation dans la phrase qui termine l’évangile de ce jour : ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole dans un cœur bon et généreux, la retiennent, et portent du fruit par leur persévérance.
Tout d’abord le cœur bon. Quelque part, Jésus l’a dit : l’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon. Si nous voulons porter beaucoup de bons fruits, il ne nous reste plus qu’avoir un cœur qui est bon.
Mais c’est quoi un cœur bon? C’est à la fois simple et compliqué.
C’est simple, car Dieu seul peut nous rendre un cœur bon. Puisqu’il est la référence pour le bien, il est la vérité, le bien par excellence. Ce qui est fondamentalement en jeu dans l'accueil de la parole de Dieu, c'est bien la réception de la divinité dans notre humanité. Il s’agit de nous ouvrir aux injonctions de Dieu ; c’est en même temps donner à la Parole de Dieu la chance, la possibilité qu'elle domine toute notre intériorité, de telle sorte qu’elle nous ouvre à la réalité du royaume. De la sorte, Dieu règne en nous.
C’est compliqué, lorsque nous prenons conscience que cette parole, la parole de Dieu peut nous atteindre dans des situations pas toujours confortables. Nous le savons, la parole de Dieu, elle est proclamée à temps et à contre-temps. Elle peut nous rejoindre au bord du chemin, dans le milieu rocailleux de notre vie. Plus compliqué encore, lorsque la parole de Dieu peut nous être semée, au moment où nous nous trouvons en plein milieu des ronces qui nous étouffent.
Ce que la première partie de la parabole contient de peine et d’échecs, c’est-à-dire, le bord du chemin, les pierres, les ronces… tout cela est tourné par la promesse contenu dans la dernière partie vers un avenir radicalement différent, objet de l’espérance : porter du fruit à force de persévérance.
Oui, Il faut persévérer dans la parole de Dieu. Persévérance au milieu des ronces et des épines de ce monde. Il faut laisser éclairer notre cœur par la lumière de la vérité qui est le Christ, la parole de Dieu semée dans nos cœurs. Seule la parole de Dieu peut nous aider à quitter le bord du chemin, ce lieu où il y a les bruits des passants, tous les bruits du monde, là où rôdent les vautours, qui s’apprêtent à tout manger pour que plus rien ne reste de la parole de Dieu.
Grâce à la persévérance, la parole de Dieu qui est semée, lue et méditée crée en nous un cœur bon et nous aide à discerner quelle est la volonté de Dieu dans notre vie.
Confions-nous à l’intercession de la vierge Marie, demandons-lui qu’elle nous aide à être attentifs à l’écoute de la parole de Dieu comme elle l’a été elle-même ; de la garder dans notre cœur avec bonté et générosité, de nous laisser transformer et façonner par elle afin que la terre de notre cœur devienne une bonne terre capable de produire de bons fruits.

fr. Antoine Tingba, op


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