Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Une parole douce et amère
 
« Dans ma bouche [le petit livre] était doux comme le miel, mais, quand je l’eus mangé, il remplit mes entrailles d’amertume ». 
 
Le livre que le prophète Jean doit manger au cours de sa vision symbolise la Parole de Dieu. Une parole qui se mange, c’est déjà curieux. Mais une parole comparée à un met doux-amer, c’est encore plus déroutant. Il nous faut cependant tirer profit de ces métaphores, car elles sont riches d’enseignement sur la nature de la Parole.
 
Dans le Christianisme, la Parole de Dieu n’est pas d’abord un texte ou un livre, même si le livre en est le support « médiatique » privilégié. La Parole est une nourriture pour l’homme. « Elle se laisse manger ». Elle est nourriture en tant qu’elle est un enseignement, une Parole de Dieu sur lui-même. Par sa Parole, Dieu se révèle à nous. Il se dit. La parole est aussi une nourriture car elle nourrit et fortifie en nous l’homme intérieur, l’homme spirituel. Arrêter de se nourrir de la Parole, c’est se condamner à une mort spirituelle certaine. Quand nous sentons notre vie de foi chanceler, ayons le réflexe de « manger la Parole » ! Si j’ai faim, pourquoi devrais-je me priver de nourriture ?
 
Mais c’est aussi une bien étrange nourriture, un met doux-amer. En général, nous évitons ce genre d’expérience culinaire qui laisse un arrière goût désagréable. Avec la Parole de Dieu, c’est à prendre ou à laisser, nous n’avons pas le choix. La Parole est douce, car elle est grâce, elle nous donne Dieu. Elle est aussi amère, car la terre qui l’a reçoit est pleine de ronces et de pierres. Notre cœur divisé par le péché ne peut accueillir la Parole qu’à la manière d’un feu purificateur. Brûlure pour l’estomac, la Parole de Dieu vient tuer nos agents pathogènes. La médecine a un goût amère, mais il nous faut la boire, car nous en avons besoin pour vivre.
Les foules sont bousculées par la Parole de Jésus, au sens propre et figuré, mais elles n’en demeurent pas moins suspendues à ses lèvres ! 
 
Plus qu’un livre, plus qu’une nourriture, l’Evangile nous révèle que la Parole de Dieu est une personne. En ces temps qui sont les derniers, Dieu nous a parlé par son Fils : un Fils doux et humble de cœur, mais aussi zélé pour les affaires de son Père, résolu à affronter le mal.

fr. Sébastien Perdrix, op


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