Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Avant tout, veille sur ta maison intérieure !

1er dimanche de l'Avent.

 
La parousie, l’avènement du Fils de l’homme est au cœur de la foi chrétienne. On est convaincu à le dire, Notre Seigneur viendra, nous attendons son retour, il reviendra. Cet avènement du Seigneur, souvent on l’identifie avec la fin du monde. Mais pour nous chrétiens, ce sera l’instauration définitive du règne de Dieu, le déploiement de son royaume.
Quand viendra le royaume de Dieu? On aimerait bien le savoir. On imagine toutes sortes des choses, des scènes apocalyptiques, des scénarios catastrophes. L’imagination va bon train et les faux prophètes ne manquent pas de semer les troubles dans les esprits. Certains se livrent à des calculs pour préciser la date d’une fin du monde, lequel serait l’introduction à un monde meilleur où le règne de Dieu viendrait apaiser tout le monde. Que d’interprétations, d’affirmations, de suppositions. Un mystère qui intéresse et qui intrigue. Qui fait peur et qui fait travailler les esprits. Les incroyants quant à eux pensent qu’il n’y aura rien d’autre. Et là ils se trompent énormément.
Jésus parle de son avènement comme la venue du Fils de l’homme. Qui est-il ce Fils de l’homme ? C’est Jésus dans toute sa gloire. Par sa venue, il va bouleverser l’ordre du monde et bousculer notre manière d’être. Deux hommes seront aux champs : l’un est pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin : l’une est prise, l’autre laissée. Dans un même lieu de travail, dans une même famille, chacun pourra être déterminé différemment. Il nous rappelle en même temps que le monde présent va vers le royaume de Dieu. Ce monde va finir ; il sera jugé ; il trouvera en Dieu sa plénitude. Au milieu des bouleversements historiques, les disciples sont invités à l'Espérance.
Personne ne pourra échapper au jugement ni se soustraire à l’avènement du Fils de l’homme. Il s’imposera à toute l’humanité sans distinction. Nous sommes tous concernés, hommes et femmes, jeunes et vieux, croyants ou pas croyants, pratiquants ou pas pratiquants, cependant personne ne sait quand le Seigneur viendra. La venue du Seigneur fait partie des mystères du royaume des cieux. Cette venue, personne n’en connaît ni le jour ni l’heure. A des époques différentes, les gens sont tous pareils. Ils ne se doutent de rien.
La venue du Fils de l’homme comme le déluge du temps de Noé, cela arrive au moment où personne n’y pense. Au jour de Noé, l’eau de déluge ravagea la terre et fit mourir toute l’humanité hormis le patriarche et sa famille. Ce que veut faire ressortir Jésus de ce rappel historique, ce n’est pas tant son aspect dramatique, que l’effet de surprise qui y a joué. La vie se déroulait paisiblement sans crainte, avec ses projets d’avenir, noces, fêtes, activités champêtres, constructions, tout cela dans une insouciance qui fut brutalement interrompue.
Jésus affirme à l’appui de cette référence historique que l’avènement du Fils de l’homme se produira avec le même effet de surprise. Et que rien ne le laissera prévoir. Le jour de fils de l’homme prendra tout le monde de court et aura le même effet que le déluge préludant à l’instauration d’un autre monde complétement nouveau.
L’imprévisibilité de ce jour n’empêche pas Jésus de donner quelques conseils basiques pour cet avènement à venir : veiller, ne pas laisser percer le mur de sa maison par les voleurs, se tenir prêt. Nous sommes donc prévenus, bien conseillés, mis en garde par Jésus lui-même pour bien préparer sa venue.
Si le Seigneur nous demande de veiller, c’est pour nous épargner de sombrer dans le sommeil de la foi, il s’agit de nous prévenir pour que nous ne vivions pas dans une sorte d’insouciance profonde.
Tenez-vous prêts peut signifier être sur ses gardes. Mais cela voudrait aussi dire ne pas repousser à demain ou à plus tard cet avènement du Fils de l’homme d’autant plus que cela peut arriver au moment où on s’y attend le moins.
Nous veillons parce que nous avons foi à l’avènement du Fils de l’homme. En veillant, certes, nous portons notre attention sur celui que nous attendons. Un lien s’établit entre lui et nous.
Mais le Seigneur ajoute, comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tout l’enjeu de cette vigilance se joue ici. Qu’en est-il alors de cette maison, notre maison intérieure ?
Il s’agit pour chacun de nous d’être maître de notre maison intérieure. Des voleurs rôdent tout autour. Et s’ils rôdent autour, c’est parce qu’il y a un trésor. Combien de fois pendant l’année cette maison, ce temple qui est notre cœur a été objet de convoitise de multiples voleurs, des prédateurs? Elle a été même percée et transpercée ? Oui le temps de l’avent, il s’agit de faire attention à tout cela. Nous devons prendre conscience que notre cœur est assailli par toutes sortes de sollicitations. Une bonne manière de préparer la venue du Seigneur serait de ne pas attacher nos cœurs aux plaisirs désordonnés de ce monde, de sortir de toute somnolence spirituelle, pour ne pas rater la destinée de notre vie.
Nous sommes invités à devancer l’action malveillante du voleur prédateur, à faire échouer ses plans diaboliques.
Nous n'avons donc rien à redouter de la fin des temps, ni de la fin de ce monde. De nombreux passages présentent le royaume de Dieu comme un bien, comme un état à venir. Ainsi dans notre Père, le Seigneur nous apprend à demander la venue du royaume, que ton règne vienne, un règne de paix et d’amour dans lequel tout homme sera aimé et considéré.
C’est sur notre maison intérieure que nous devons veiller. Comme dit saint Paul aux Romains, le salut est plus près de nous, rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. Le veilleur est celui qui veille à son âme, celui qui s’occupe de son Seigneur encore plus que de lui-même.

fr. Antoine Tingba, op


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