Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Saint Etienne, c’est aussi Noël !
 
La trêve de Noël aura été de courte durée ! Nous pouvons en effet être étonnés, tous les ans, qu’au lendemain de Noël l’Église nous invite à fêter un martyr. La mort violente, cruelle d’Étienne, diacre de l’Église naissante, choisi à la demande des Apôtres et vénéré comme le premier des martyrs.
A la joie de LA naissance par excellence, celle de Dieu fait homme, Dieu le Fils envoyé sur la terre pour sauver l’humanité, succède le drame de la mort qui frappe un fidèle du Christ.
Si les anges du Ciel qui annonçaient hier la venue du Sauveur nous invitaient à monter sans crainte à la crèche, la descente aujourd’hui n’en parait que plus rude et pourrait bien nous effrayer. Après la fête de la Nativité, comme il est étrange d’honorer le souvenir d’un martyre aussi valeureux soit-il.
Et pourtant il s’agit bien là du même mystère : celui de notre salut.
Notre salut en ces prémices : la naissance de Jésus nous dit la bonté de Dieu qui vient épouser notre humanité, qu’une ère nouvelle a commencé, que toute vie d’homme connaît enfin sa source, son origine qui l’a rejointe dans sa chair ! Le mystère de l’Incarnation est déjà le commencement de notre salut ! Oui le tournant de l’humanité et de son histoire s’est produit en ce temps-là. C’est Noël !
Mais notre salut n’est pas qu’une promesse pour faire rêver les enfants d’une nuit merveilleuse, enchantée par les anges. Notre salut est aussi et surtout un accomplissement, une volonté divine qui va jusqu’au bout et qui se réalise dans le martyre de Jésus, sa passion douloureuse et si aimante, son sacrifice expiatoire et tout offert, sa mort abandonnée et victorieuse sur la croix, dont la résurrection révélera le sens et la destinée éternelle ! C’est le mystère de Pâques où tout est accompli !
Voilà pourquoi ce basculement de la joie de Noël, dans le martyre de Saint Étienne, n’est pas à comprendre comme une faute de goût liturgique ou comme un jeu de contraste à sensation, mais bien comme un raccourci saisissant de notre salut, une perspective lumineuse pour l’Église et la vie du chrétien. L’ombre de la croix ne ternit pas l’émerveillement de la crèche. Au contraire, elle nous livre avec saint Étienne ce que l’œuvre de Dieu réalise déjà, au-delà des forces humaines, ce que la grâce du salut nous donnera de vivre jusqu’à la mort et jusque dans la gloire du Ciel. Oui, frères et sœurs, c’est Noël que nous fêtons aussi dans le témoignage de Saint Étienne : que l’amour de Dieu désormais ne nous quittera jamais.

Fr. Antoine-Marie Berthaud, o.p.


Connexion | Plan du site | ©2013 Dominicains de Bordeaux