Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Un marié peut en caché un autre...
 
L’Evangile des noces de Cana est un récit plus surprenant que l’on ne pense. Derrière une petite histoire somme toute assez banale pour une noce juive qui pouvait durer plusieurs jours se révèle une grande vérité. La figure de l’époux dont on ne connaît pas le nom s’éclipse derrière celle de Jésus. Lorsque le maître du repas félicite le marié d’avoir gardé  le bon vin, l’auditeur du récit ne sait plus si le maître félicite le marié du jour ou bien Jésus lui-même. D’ailleurs, c’est bien lui, de fait, qui a accompli le signe de l’eau changé en vin et qui mérite d’être loué.
Cette confusion ou plutôt cette substitution des protagonistes est intentionnelle. Saint Jean veut nous présenter le Christ sous la figure de l’époux. C’est ainsi que d’ailleurs que Jean-Baptiste lui-même désignera Jésus. Nous le savons, le nom « d’époux » est un des titres que les Ecritures attribuent à Dieu. Le Seigneur est l’époux fidèle de son peuple et Israël est son épouse, plus ou moins fidèle... Le nom d’époux qui est un nom humain nous permet de saisir un des aspects de la relation que Dieu veut établir avec l’humanité. Non seulement, Dieu veut se faire connaître, mais il veut aussi faire alliance avec les hommes. Le nom d’époux est chargé d’un poids d’amour et d’intimité. Oui, Dieu nous aime, mais il nous aime comme un époux. Oui, Dieu se fait proche, mais il se fait proche comme peut l’être un époux avec sa femme. Il n’y a pas sur terre de relation plus intime, plus étroite que l’union conjugale. Oui, Dieu se fait l’ami de l’homme, mais un ami-amant, un ami exclusif. Dieu ne veut pas partager. Il nous vaut pour lui seul. Notre Dieu est un Dieu jaloux !
En recevant le titre d’époux et en agissant comme tel, Jésus se révèle comme l’accomplissement de l’alliance nouvelle et éternelle. En sa personne même, il incarne l’union de l’homme avec Dieu, une union si forte qu’elle ressemble à l’union conjugale tout en la dépassant en intensité et en nature. Dans le mariage, l’homme et la femme ne font plus qu’une seule chair. En sa chair, Jésus unie d’une manière nouvelle l’humanité à la divinité. En sa chair, en sa personne s’accomplissent les noces de Dieu avec toute l’humanité. 

fr. Sébastien Perdrix, op


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