Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

La femme de sa jeunesse

 

Comment un homme peut-il venir à répudier l’amour de sa jeunesse ? Comment un homme peut-il renvoyer sa femme ? Vous avez entendu la raison que donne le Christ : « C’est à cause de la dureté de vos cœurs », vous les hommes, que vous en venez au divorce et ainsi à bafouer la volonté de Dieu. Car l’union conjugale n’est pas faite pour finir ainsi. Dieu l’a voulu indissoluble. La vérité de l’amour appelle la durée dans la fidélité. Mais ne nous y trompons pas, frères et soeurs, si Jésus « passe un savon » aux messieurs, les dames ne sont pas en reste ! La loi des hommes permet aujourd’hui à un coeur de femme endurci de renvoyer son époux. L’égalité homme-femme devant la loi, c’est aussi cette triste possibilité.

 

La tragédie que constitue la fin d’un mariage doit nous interroger. Ce n’est pas parce que la chose est assez courante que nous devons nous y habituer. Non, il n’est pas normal que l’amour conjugal finisse « en eau de boudin ». Il n’y a ni fatalité, ni hasard en la matière. Comment peut-on arriver à faire de son ami un ennemi ? Comment peut-on venir à détester celle ou celui qui fut mon ami ? En effet, à l’origine de toute histoire conjugale, il y a un homme et une femme qui s’aiment. Il y a deux amis qui se sont dit, un jour, l’un à l’autre, comme Adam à Eve : « Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ! ».

 

 

Il existe de nombreuses causes qui peuvent tuer une amitié conjugale. Je n’en évoquerai que deux, comme autant d’invitations non pas à juger ceux qui ont connu l’échec, mais à la vigilance du cœur. Il y a bien évidemment notre péché, cette fermeture du cœur qui ne voit plus dans l’autre un prochain à aimer, mais une nuisance à mes petits projets. Mais il y a aussi sans doute cette naïveté de croire que l’amitié irait de soi, que l’amitié ne nécessiterait aucun effort. Or, c’est bien un travail que d’aimer. Non seulement, comme le dit l’Ecclésiaste, il faut mettre notre amour à l’épreuve pour en tester la solidité, mais il faut aussi le construire. Le jour où un homme et une femme se disent « oui pour la vie », rien n’est accompli, tout est à faire ! Le jour du mariage marque la naissance d’une réalité nouvelle. Avant leur union, les fiancés s’aimaient comme des amants, des amis, après, ils s’aiment comme des époux. Et cet amour sponsal est appelé à grandir comme tout ce qui est vivant. Si l’on n’en prend pas soi, il dépérit et finit par mourir. C’est sans doute ce qui arrive à bien des couples qui n’ont pas su protéger et faire grandir leur amour. Prions pour eux. Prions aussi pour ceux qui se préparent au mariage afin qu’ils éprouvent la réalité de leurs attachements et apprennent à aimer jour après jour.

fr. Sébastien Perdrix, op


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