Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Le joug qui procure le repos
Qui nous donnera le repos ? Le joug du Christ, seul, nous procurera le repos.
Il y a un fardeau qui pèse et qui écrase, il y a un joug qui guérit et qui relève. Il y a un poids qui qui laisse l’homme exsangue et las, et il y a un poids qui lui confère sa stature et sa dignité.
Il ne s’agit pas d’une vie sans gravité : le vide est insoutenable. Il s’agit d’une vie chargée de bonté et d’amour. Il s’agit d’incomparable poids de gloire que le Christ veut conférer à notre vie. Cette gloire sera notre repos ; c’est pour elle que Dieu nous a faits. Nous n’avons pas à vivre sous l’emprise de la chair, dit l’Apôtre. Si nous vivons sous l’emprise de la chair, nous devons mourir. La vie, la vraie vie, vient de pair avec le repos en Dieu, elle est l’œuvre de son Esprit.
L’été est un moment de grâce pour discerner : quel poids domine notre vie ? Quel est notre centre de gravité ? Sommes-nous tendus dans la course vers ce qui ne rassasie pas ou bien sommes nous en train de croître dans ce qui demeure ? Les fins de nos semaines, sont-elles marquées par la joie de ce qui a été accompli ou servent-elles à oublier ce que nous avons vécu ? Nous nous sentons fatigués, soit. Mais est-ce une fatigue d’une œuvre accomplie, un poids mur d’un achèvement et de fierté ou un épuisement nerveux de l’excitation stérile ?
Prenons du temps de s’asseoir et de peser notre vie. Notre année écoulée, nos mois de labeurs. Qu’avons-nous vécu ? Qu’est-ce qui nous a fait grandir ? Qu’est-ce que nous avons appris ? Quel est le don le plus précieux que nous avons reçu ? Qu’avons-nous donné ? Quand étions-nous vraiment vivant ? Quels sont les moments morts ? Entre l’esprit de vie et l’esprit de mort, entre l’esprit de la résurrection et celui de désespoir il nous faudra choisir.
Nous ne vivrons pas sans poids : mais c’est à nous de choisir quel joug prendre. Nous ne vivrons pas sans Seigneur : mais c’est à nous de décider si nous voulons servir l’empire de la chair ou Jésus, doux et humble de cœur. Nous ne vivrons pas sans but : la mort et la résurrection a chacune sa propre logique, et c’est à nous de les inscrire dans notre vie.
Discernement donc, discernement et l’apprentissage. Se mettre à l’école du Fils, marcher à sa suite dans la petitesse, dans la louange.
Dans la petitesse, car nous ne sommes pas le centre du monde. Nous le savons, et pourtant nous vivons parfois pour tout ramener à notre petite personne. Notre ressenti, notre émotion, notre savoir, notre point d’honneur, notre petits projets et notre grand ego – voilà ce qui forme ce poids insoutenable qui nous épuise pour rien. La petitesse, elle est libre. Elle confesse Dieu pour ce qu’il est : notre père, notre Créateur, notre Sauveur, notre principe et notre fin. Elle contemple le monde pour ce qu’il est : l’œuvre merveilleuse et riche, avec sa loi et son dynamisme. La petitesse, elle, nous permet de nous regarder nous-mêmes avec légèreté, simplicité, humour. Avec intelligence. Les imbéciles se prennent au sérieux, ils sont lourds et pesants. Les saints sont légers, car leur poids, c’est Dieu, et non pas eux-mêmes.
Se mettre à l’école de la louange du Fils, de son action de grâce. Ce qui est caché aux sages et aux savants, aux grands et aux importants est tout près, est tout simple, est à la portée de tous. La bonté est à la portée de tous : les enfants le découvrent, les grand-mères le savent, les humbles en vivent. Et nous ? D’où vient tant de tristesse ?
Profitons de ces semaines pour examiner notre vie. Quel est son poids ? Qui nous donnera le repos ? Le joug du Christ, seul, nous procurera le repos.

fr. Pavel Syssoev, op


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