Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Marie. Un grand signe !
 
Le livre de l’Apocalypse nous renvoie à ce grand signe qui est apparu dans le ciel. De quel signe s’agit-il ? Une femme enveloppée du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête.
Il n’est pas vain de chercher à identifier cette femme. En effet, cette femme, qui est-elle ? Avant toute réponse, il convient auparavant de considérer soigneusement toutes les données qui suivent. La Femme est auréolée de la clarté céleste. Cependant, sa parure astrale, importe moins que son état de femme en couches, qui lui arrache des cris de douleur. Il faut considérer ensuite sa situation périlleusement exposée face à la redoutable puissance adverse qui la guette. Enfin, une scène dramatique est évoquée, le dragon s’est érigé devant la Femme, sûr de sa proie, il épie l'enfant qui doit venir. En relation avec le serpent ancien, le dragon joue un rôle. Il a sa couleur rouge, les 7 têtes, 1es 10 cornes. Un vrai monstre. C'est le diable, dès l'origine, ennemi de Dieu et de tous les siens. C'est évidemment à l’enfant que l'ennemi de Dieu en veut ; s’il le détruit, il fera avorter le dessein salutaire de Dieu pour toute sa création.
C’est l’enfant qui permettra l’identification de sa mère. La femme mettra au monde un Fils. Une voix forte se fit entendre du ciel, maintenant voici le salut, la puissance et le règne de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ! Déjà l’image du sanctuaire céleste ouvert, laissant voir l’Arche d’alliance, annonce l’accomplissement final.
La lutte, la victoire de la femme. Oui, l'Assomption exprime le triomphe de Marie, hors d’atteinte désormais, et le succès à jamais assuré de son obéissance.
La gloire céleste de Marie est la récompense et la confirmation de ce qu’a été sa vie terrestre. Le récit de la visitation est magnifique. Marie se présente comme une pèlerine. Celle qui fait route. La route qui mène vers la région montagneuse, c’est la route de la vie, le chemin de toute l’existence chrétienne. C’est intéressant de voir ce qui se passe dans le cœur de Marie. Elle s’empresse d’aller à la rencontre. Elle apporte la paix, la joie. Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle.
Marie est une pèlerine qui ressemble à tout autre pèlerin, à la seule différence que son âme exalte le Seigneur. Elle chante les merveilles de Dieu. Elle relie la vie à la lumière de la parole de Dieu. Puis elle donne de son temps en demeurant avec ceux et celles qu’elle rencontre.
Marie est par ailleurs, la Vierge priante. Ainsi apparaît-elle dans la visite à Elisabeth, où elle ouvre son cœur en rendant grâce à Dieu, en exprimant son humilité, sa foi, son espérance : tel est le Magnificat, la prière par excellence de Marie. C'est de la Parole de Dieu dont il est question dans cette prière, Parole qui doit s'accomplir.
Marie fait de son éternité de vie, une offrande de prière pour ceux et celles vers qui elle va. Bienheureuse Vierge Marie qui, de sa Conception à son Assomption fait si peu parler d’elle-même, mais sans qui rien de Jésus ne nous parlerait; sans qui rien de Jésus ne prendrait chair.
Marie attire en elle la gloire de Dieu quand l'Esprit-Saint est à l'œuvre, la couvrant de son ombre, déployant son action en son être de chair. Quand l'Esprit l'éloigne de tout péché, l'associant en tout à Jésus son Fils, lui qui vécut toutes choses semblables aux nôtres, excepté le péché.
Action de l'Esprit Saint tant oubliée dans ce monde technique, dans ce monde mondialisé. L'obéissance de Marie c’est l’obéissance à Dieu. Obéissance à Dieu si difficile dans un monde rebelle, un monde orgueilleux. Marie, tu resplendis pour ce monde où si souvent, tout peut s'accomplir sauf Dieu.
Dans la vie de Marie, Dieu est partout présent. Quand nous nous heurtons à une impasse, Marie est là. Dès les premiers moments de la Bonne Nouvelle, à Cana, elle sait montrer à Jésus les besoins des hommes, et elle sait montrer aux hommes le chemin de Jésus.
Marie tu es là, pour nous rappeler que nous ne sommes que des humbles serviteurs. « Faites tout ce qu’il vous dira ».
La gloire de Marie, c'est le poids de l'amour. Et l’obéissance de Marie est vraiment ce symbole très réel de l'amour qui se donne à l'extrême ! Qu’il me soit fait selon ta parole ! Comme elle est grande, comme elle est alors héroïque l'obéissance de la foi dont Marie fait preuve face aux décrets insondables de Dieu ! Comme elle se livre à Dieu sans réserve, dans une totale confiance à celui dont les voies nous paraissent quelque fois incompréhensibles.
C'est donc à juste titre que nous pouvons trouver dans la parole « heureuse celle qui a cru », la clé qui nous fait accéder à la réalité intime de Marie, de celle que l'ange a saluée comme « pleine de grâce ». Si elle a été éternellement présente dans le mystère du Christ parce que « pleine de grâce », par la foi elle y participa dans toute l'ampleur de son itinéraire terrestre.
Marie tu as ta gloire quand la Parole de Dieu s'accomplit donnant aux hommes, le Sauveur, la présence de Dieu avec et au milieu d'eux. Tes étoiles brillent quand tu donnes à Jésus de naître, nous donnant de naître nous aussi à ta manière.
Un grand signe. A la fin de sa vie terrestre, Marie est élevée au ciel. Bienheureuse assomption de Marie. Bienheureuse assomption qu’est la nôtre pour qu'à la suite de Marie nous puissions nous associer à la vie de Dieu.

fr. Antoine Tingba, op


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