Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

 
LA PASSION DU SALUT DU MONDE !
 
Homélie du fr. Antoine-Marie Berthaud le dimanche des Rameaux 17 avril 2011
 
Ah ! Frères et sœurs, comme nous sommes bien vite passés de la fête à la vindicte, de l’acclamation à la machination et à la condamnation ! Comment ce Roi d’Israël qui nous rend si fiers de notre foi devient-il si vite le bouc émissaire de toute la haine et de la violence du monde ?
Bien sûr, me direz-vous, si Adam et Eve n’avaient pas péché en écoutant Satan !
Ah, si Juda n’avait pas trahi Jésus en le livrant!
Ah, si l’Apôtre Pierre n’avait pas été si prétentieux durant le dernier repas !
Et les douze ? S’ils avaient veillé comme Jésus leur avait demandé !
Ah, si Jésus avait fait appel à son Père et à toutes ces légions d'anges dont il dispose !
Ah, si Pierre n’avait pas trahi Jésus en le reniant !
Ah, si Judas avait eu des remords avant et renoncé aux trente pièces d’argent !
Ah, si la foule n’avait pas préféré Barabbas à Jésus !
Ah, si Pilate avait écouté sa femme et avait été juste et courageux !
Ah, si Jésus qui peut tout avait finalement échappé à la mort !
 
Mais, frères et sœurs, tout cela s’est passé…
Pour que les écritures soient accomplies.
Pour que la nouvelle alliance éternelle soit conclue.
Pour que le Christ soit victorieux du Prince des ténèbres.
Pour qu’il rachète le monde et instaure son Royaume de Paix dans les cœurs.
Pour que l’humanité soit enfin libérée de la malédiction du péché et de la mort.
Pour que nous-mêmes, aujourd’hui, nous n’en restions pas là où nous en sommes, en spectateurs des apparences, manipulés comme l’est si facilement une foule !
Pour que nous mettions enfin nos pas dans ceux du Christ et découvrions, à travers la liturgie de ces jours saints, l’amour infini de Dieu pour l’humanité, et combien, et comment il désire nous sauver tous personnellement !
Si Dieu s’est fait petit, vulnérable et souffrant, c’est bien pour nous rejoindre dans nos souffrances, nos épreuves et nos tourments !
Voilà pourquoi, Seigneur, ta passion est bienheureuse et que tu t’y engages volontairement ! C’est ta passion d’amour pour nous qui te fait subir la passion qui te mène aujourd’hui à la mort !
 
Alors, frères et sœurs, cessons de nous lamenter ou de nous justifier !
Si nous avons fait ce qui est mal…
Que la désobéissance de notre péché se laisse convertir par l’obéissance du Christ à la volonté du Père !
Que notre orgueil entêté se laisse vaincre par le Christ et son humilité !
Oui, laissons-nous toucher par ce récit de la Passion, laissons-nous toucher par Jésus lui-même ! Il n’a pas fait semblant. Il sait ce que nous endurons du fait de nos fautes !
Et que notre misère en appelle donc à sa miséricorde !
Alors nous n’aurons pas peur d’interpréter, selon l’esprit du Christ, les croix que nous avons à porter. Elles vérifieront notre attachement au Christ et participeront au salut de nos frères. Car nous savons que si nous mourrons chaque jour avec Lui, avec Lui nous vivrons éternellement !

fr. Antoine-Marie Berthaud, op


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