Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Au jour de la translation des reliques de Saint Dominique, le 24 mai 1233.
 
 
 
 
L’ouverture, 12 ans après sa mort, de la tombe de saint Dominique dégagea un parfum. Une odeur subtile et délicate surgissait d’un tombeau. Ce fut son dernier geste. Notre Père saint Dominique ne nous aura pas légué d’écrits mais un parfum comme ultime héritage.
 
Une simple odeur…comme pour nous rappeler, qu’avant l’esprit il y a la chair et qu’avant la parole, il y a l’exemple. Léguer une odeur plutôt que des mots rappelle à ses fils que notre prédication doit parler aux sens, à l’ouïe bien sûr, mais aussi au nez et non simplement aux apparences vues. La leçon est donc toute simple : Prêcher, c’est dire, et dire nettement, mais c’est aussi Transpirer. « Verbo et Exemplo » disent nos constitutions.  
« Pourquoi les saints ont-ils des imitateurs, interroge Bergson dans les Deux sources de la Morale et de la Religion, et pourquoi les grands hommes de bien ont-ils entraînés derrière eux des foules ? Ils ne demandent rien, et pourtant ils obtiennent. Ils n’ont pas besoin d’exhorter, ils n’ont qu’à exister ; leur existence est un appel. Car tel est bien le caractère de cette autre morale. Tandis que l’obligation naturelle est pression ou poussée, dans la morale parfaite et complète, il y a un appel ».  
Ainsi Diègue, l’évêque d’Osma, aux côtés de Dominique, le sous prieur, devant les bons légats du pape impuissants à convertir les Cathares,  leur dit tout simplement : « Faîtes ce que vous me verrez faire. » Et ils abandonnèrent, l’Evêque en tête, brocarts et ors, cavaliers importants ; la suite quasi-royale fut renvoyée directement en Espagne. Dominique abandonna son titre, les promesses de pouvoir et se fit appeler « frère ». « Pauvre et libre il était né », commente le père Zannoti. En devenant nue, nue d’argent comme de prestige, la peau de frère Dominique, pouvait enfin transpirer pour les âmes égarées.
 

Le parfum du Christ, la bonne odeur du sacrifice, bouquet d’essences faites de justice et de miséricorde, essences de vérité et de haute charité, avait trouvé une peau, une chair et des os pour exhaler sur un petit bout de terre, une senteur nouvelle : Dominique ne se contenterait plus de dire vrai. Désormais, il vivra vrai.

fr. Paul-Marie Cathelinais, op


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