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Nazareth, lieu de résistance ?
 
Nazareth fait de la résistance ; parole d’Evangile ! Certes, ce bourg n’est pas habituellement connu pour cela. De Nazareth, nous retenons l’instant inouï de l’incarnation, avec l’accord de Marie à l’annonce faite par l’Ange qu’elle concevrait et enfanterait le Fils du Très-Haut, le Sauveur. Nous retenons encore la persuasion qui par un songe, vint conduire Joseph à accueillir chez lui Marie son épouse et l’enfant qu’elle portait, Jésus. Nous retenons aussi le lieu de la croissance de Jésus chez Joseph et Marie, croissance exemplaire en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes. Et pourtant, de Nazareth, comme il se disait à cette époque, que peut-il sortir de bon ?
 
Mais Nazareth devenu trente ans plus tard un lieu de résistance à la Parole de Jésus, on ne pouvait guère s’y attendre. Le bourg du « oui » donné à Dieu, devenu le lieu de la synagogue incrédule ! Le lieu de la foi enviable de Marie et Joseph devenu celui d’un obstacle dressé vers Jésus. La cité du : « Qu’il me soit fait selon ta parole », réponse donnée à un message divin stupéfiant, devenu la cité réduite à la synagogue du manque de foi… C’est énorme !
 
Nazareth fait de la résistance ! Tout avait pourtant si bien commencé là ! Seulement la liberté humaine peut s’élever contre Dieu. Entre Babel et Nazareth, faut-il tenter un parallèle ? Faut-il oser un jumelage fatal ? La question des habitants, leur hésitation, leur suspicion, leurs interrogations sont à relever. On a connu pourtant Jésus plus affirmatif, bousculant les habitudes, décidant de ses miracles, de leur opportunité, de leur provocation,… Quand même n’est-il pas Dieu, Tout-Puissant ? Qu’ont donc à voir les hésitants ? Pourraient-ils limiter le Seigneur ? Ne seraient-ils pas fous ces nazaréens ?
 
Mais voilà que Jésus a choisi que la question puisse se poser. Décidément, de Nazareth, il sort bien des réalités surprenantes !
Jésus dont une femme hémorroïsse a par exemple pu circonvenir la puissance divine de guérison, veut aussi parfois que les miracles répondent à une certaine foi. Si la puissance divine reste souveraine, son expression répond aussi à une pédagogie spirituelle. Pour Jésus, un manque de foi, à Nazareth, dans sa synagogue, chez des proches, là s’en est peut-être trop ! Il est d’ailleurs mentionné par s. Marc qu’il y eut là des miracles, mais en moins grand nombre que ça aurait pu l’être. Le Seigneur ne donne « pas de perles aux pourceaux » ; sa conduite interroge, comme sa Parole, afin d’appeler à notre conversion.
 
Alors, si en apparence Nazareth fait de la résistance, en réalité, ne serait-ce pas plutôt Jésus qui résiste ? Il résiste pour que jamais nous n’oubliions de nous convertir à sa présence.
 

fr. Hugues-François Rovarino, op


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