Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Comme il est heureux que tu existes !

Il n’est pas bon que l’homme soit seul.

Tant que l’homme demeure dans la solitude, la bénédiction ultime de création reste comme suspendue. Pour que nous entendions « Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon », il faut que l’homme soit délivré de sa solitude. Quand il voit une aide qui lui est assortie, quand il reconnaît dans son semblable un don de Dieu, chair de ma chair, os de mes os que tout devient très bon. Les premières paroles de l’homme que l’Écriture nous rapporte sont ce poème de reconnaissance prononcé devant la femme vue face à face. La bénédiction de Dieu rejaillit dans la bénédiction de l’homme. Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Voilà l’os de mes os et la chair de ma chair. Dieu vit tout ce qu’il avait fait : cela était très bon.

 

Nous trouvons notre vraie stature d’êtres humains quand nous posons sur notre prochain, celui que Dieu nous amène, un regard de reconnaissance, de joie, de bénédiction. Il est heureux que tu existes ! Il est bon que tu sois ! Sois, existe ! Je te reçois comme un don de Dieu, je me donne à toi comme à une vocation divine, je bénis Dieu de t’avoir créé ! Voir notre prochain, le reconnaître comme un don, le bénir – voilà notre vocation des origines. Cette amitié s’épanouit d’une manière toute spéciale dans le mariage, mais elle est plus large, plus grande. Tout prochain que Dieu pose devant nous devrait susciter en nous cette parole de bénédiction, d’amitié. Il est heureux que tu existes ! Il est bon que tu sois ! L’action de grâce des origines reste notre vocation, notre appel, ce pour quoi nous sommes faits : bénir, cultiver, prendre soin de ceux que Dieu nous donne. Demandons la grâce d’en vivre de plus en plus intensément : accueillir chacun comme un don de Dieu, être pour chacun une bénédiction de Dieu.

fr. Pavel Syssoev, op


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