Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Le jeûne, c’est tendance ! 

Il était jusque-là, tapi dans la cendre, et il attendait. Les jours passaient, mois après mois. Il savait que son temps allait venir. Il n’avait pas besoin de bondir tel un fauve ; il lui suffisait de patienter. Quand on aime, comme chacun sait, on ne compte pas et « l’amour prend patience ».  Or, c’est précisément une question d’amour…

Aujourd’hui, il est là, et la cendre est venue. Alors le jeûne est sorti de l’ombre. C’était presque ton sur ton, mais comme on le guettait, chacun sut le reconnaître… à son heure : le jeûne s’est avancé sur fond de Cendres. On ne parle pas souvent du jeûne, mais en certaines périodes, il fait le buzz : le jeûne devient l’actualité. La liturgie le nomme sans compter ; oui, je sais, quand on aime, on ne compte pas. Mais aimer le jeûne, il faut être en Carême pour oser le dire et oser le proclamer : chant, lectures, prières… Evidemment, la pratique essaie aussi de se faire une place. 

Le jeûne, c’est tendance.  Le jeûne fait aujourd’hui le buzz.

Ce n’était pas gagné d’avance. Chacun l’imagine en compagnie d’une face de carême, d’un teint pâle et de traits tirés. Un jeûne de privation ; et 40 jours de privations, ce n’est pas a priori tendance. Jésus le vécut pourtant.

Donc, en général, on communique sur autre chose de plus positif qu’une privation et ses tristes conséquences. Et c’est aussi le cas pour les chrétiens et leur jeûne. Bien sûr, la privation de nourriture est un fait, un fait voulu.

Mais il ne s’arrête pas là. Notre jeûne de disciple du Christ est un jeûne positif, un jeûne actif même, un jeûne appelé à faire parler de lui et des autres.

Le prophète Isaïe vient de le dire : le jeûne qui plaît à Dieu n’est pas d’abord affaire de nourriture ni de boisson. Même s’il l’est aussi. Il est parfum, délivrance, aide ; il n’a pas le teint pâle, mais le sourire de la charité. Belle ampleur ! Commençant avec la confiance, il saura aller jusqu’à la foi ! Il est alors comme l’humilité de l’âme qui se recueille en Dieu, après l’avoir accueilli. Le jeûne est bien actif, car par lui, nous désirons être en dépendance de Dieu, être gagnés par lui, pour lui. Le jeûne est actif, car il garde en éveil la vigilance de l’âme, pour que parvienne en elle la lumière du Christ. 

Comment ne pas l’aimer alors dans sa réalité concrète, tapi parfois, et prêt à être installé au cœur de l’Eglise pour un temps, celui de notre conversion à la venue de la Lumière du Christ, qui nous atteindra dans la lumière de Pâques ! Et le jeûne nous offrira la joie dans le carême !  Alors, et puisqu’il est tendance, profitons-en pour lui donner corps, le nôtre, en vérité, aujourd’hui !

Fr. Hugues-François Rovarino, op

 

fr. Hugues-François Rovarino, op


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