Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Les morts entendront sa voix
 
Comment ce qui est mort en moi, peut-il entendre la voix du Fils de Dieu pour revivre ? Ce qui est mort en moi : enterré, caché, oublié – telle haine, tel souvenir, tel vice, telle impossibilité à pardonner, telle joie perdue à jamais – comment cela pourrait-il retrouver cet ouïe qui permet d’entendre la parole du Fils ? Ce qui est mort n’écoute pas ; ce qui est mort n’entend pas ; il ne désire pas – comment revivra-t-il, car pour revivre, il lui faut entendre la voix du Fils de Dieu. Cette non-vie, ce non-amour, ce non-désir, ce froid qui s’installe de plus en plus dans les profondeurs de l’homme, qui saura lui parler ? Comment adresser la Parole à ce qui n’est que vide, et absence, et mort ?
En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient – et c’est maintenant- où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront.
L’heure vient, et c’est maintenant, où il descendra dans l’abîme de la mort, ce Seigneur de la Vie. Il assumera notre mort, il boira cette coupe jusqu’à la lie. Libre parmi les morts, il leur parlera d’égal à égal, comme un frère parle à un frère, comme un ami parle à un ami, comme le Sauveur parle à un condamné. Son passage par notre mort, sa Pâques, l’établira comme le Seigneur des morts et des vivants. Rien ni personne n’échappe à sa main. Ce qui est mort en moi est à lui, tout comme à lui est tout ce qui vit en moi.
Dans chaque Eucharistie, le Seigneur des morts et des vivants descend en nous. Il touche tout ce qui le désire et l’augmente à l’infini. Mais aussi, il descend vivifier ce qui est mort en nous, patiemment, généreusement, avec une souveraine tendresse. Il parle à ce qui est mort en nous. Il redresse ce qui est courbé. Il réchauffe ce qui est glacé. Il restaure ce qui est abîmé. Il fait vivre ce qui est mort. Nos haines, nos vices, nos non-amours et nos non-désirs, il leur parle en souverain, notre Dieu, notre Rédempteur. Dans chaque Eucharistie, en vérité, je vous le dis, l’heure vient – et c’est maintenant- où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront.

fr. Pavel Syssoev, op


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