Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

 

Des paroles et des mains amicales pour ressusciter

 

La résurrection de Lazare. Un récit extraordinaire qui  fait allusion en même temps à la maladie, à la mort et au retour à la vie d’un homme. Le malade, c’est Lazare, de Béthanie. Ses deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : Seigneur, celui que tu aimes est malade. Ayant appris cela, Jésus ne se précipite pas d’aller à Béthanie mais se contente de dire tout simplement, cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu.

Lazare est mort pourtant  et dans la maison de Marie et Marthe c’est le deuil et des pleurs. On se réconforte comme on peut.

Avant de se rendre à Béthanie, Jésus savait que son ami était mort. Lazare, notre ami s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. Jésus avait parlé de la mort, alors que ses disciples pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Pour être plus explicite, Jésus ajoute : Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là.

Marthe et Marie n’ont rien demandé, elles regrettent seulement le fait que Jésus ne soit pas venu plus tôt, pour guérir son ami Lazare avant que la mort ne l’emporte. Jusque-là, on pensait que le pouvoir de Jésus s’arrêtait aux frontières de la mort. Pas plus.

A son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Ce long séjour au tombeau enlève tout espoir de résurrection chez les juifs. En effet, l’espoir de la résurrection était possible jusqu’à trois jours après la mort. Dépassé ce délai, l’âme qui supposé jusque-là rôder autour du corps, s’en éloigne définitivement et la résurrection devient inconcevable.

Jésus s’approche du tombeau, lève les yeux au ciel, il rend grâce à son Père.  Jésus sait parfaitement que son Père va l’exaucer, mais il bénit le Père, il lui rend grâce à cause de la foule qui l’entoure. Il rend grâce pour l’alliance merveilleuse qui l’unit au Père; et en ce moment précis pour la fécondité de sa mort et de sa résurrection qui sauvera la multitude et dont la résurrection de Lazare en est la préfiguration.

Puis Jésus cria d’une voix forte, Lazare, viens dehors. Dans son sommeil, Lazare a entendu la voix de son ami.  Jésus  ne peut abandonner son ami à la mort, ni le laisser voir la corruption. Et le mort sortit. Lazare est vivant, déliez-le et laissez-le partir.  Ceux qui étaient venus nombreux entourer Marthe et Marie ont cru en Jésus.

La parole de Jésus libère de la mort tout comme des entraves du péché. Nous sommes appelés à l’écoute des paroles de Jésus, en réalisant la libération qu’elles apportent.

Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. Face à la maladie, face à la souffrance, face à la mort, à nous de voir jusqu’où va notre foi.

Il nous arrive de voir que tout espoir de nous relever est mort. Aujourd’hui Jésus vient nous dire Moi, je suis la résurrection et la vie. Une promesse, une certitude. Il ne peut nous abandonner à la mort. Pour vivre en ressuscité avec le christ, nous devons consentir  à passer par la mort.

Mais Jésus a détruit la mort, il a fait resplendir la vie. Le pouvoir de Jésus est une force de résurrection auquel il nous faut croire si nous voulons rester sereins devant les épreuves, devant la mort. 

Contempler Jésus dans sa passion, sa mort et sa résurrection nous apprend le chemin de la vie.  La passion et la mort de Jésus ne sont pas des faits historiques malheureux, c’est l’accomplissement de l’amour du Père. Le Seigneur nous accompagne dans nos souffrances, il reste présent et il nous aime comme il n’a cessé d’aimer Lazare.

Lazare n’est pas mort, il n’est qu’endormi. Et Jésus nous invite à être la voix qui va lui permettre de se relever, à être les mains qui vont les libérer de ses bandelettes.

Des voix et des mains amicales pour ressusciter.

Le Seigneur, l’ami par excellence, s’adresse à nous aujourd’hui d’une voix forte pour ranimer en nous tout ce qui était endormi et que nous croyions définitivement mort.

Il y a de ces réalités que nous tenons déjà pour mortes parce que le délai est dépassé.

Oui, il nous arrive de croire que la vie, la joie, le pardon, voire tout espoir est impossible, qu’il est mort, mais le Seigneur nous dit mais non, il n’est qu’endormi, il est en attente de la voix forte de l’ami pour se réveiller;

En Jésus, il y a un élan de vie que rien ne saurait arrêter. Nous le voyons avec Lazare aujourd’hui, la vie triomphe de la mort. La tristesse, l’angoisse, les pleurs deviennent  joie et paix.

Le carême nous dirige vers pâque. L’événement pascal devrait nous rassurer, afin de rendre compte de cette foi, de cette espérance en la vie plus forte que la mort.

 

A l’approche des fêtes pascales, prions le Seigneur, de nous faire croire toujours en la force de sa Parole, celle qui fait naître la vie et qui détruit toute mort. 

fr. Antoine Tingba, op.


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