Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Vendredi Saint - Dieu, qu’il est laid !
 
« Dieu, qu’il est laid ! »
Qu’il est laid celui que nous allons suivre jusqu’à la croix. Il est si défiguré, dit le prophète, qu’il ne ressemble même plus à un homme. Il est sans apparence ni beauté pour attirer nos regards. Il n’y a plus rien dans son aspect pour nous plaire. Il est tout simplement laid.
« Dieu, qu’il est laid ! »
Cet homme qui fascinait hier les foules n’est plus qu’une plaie à vif. Jésus, flagellé et couronné d’épines, s’en va au Golgotha pour y recevoir les ultimes sévices de la crucifixion. Nous voici les spectateurs d’une boucherie. L’agneau est conduit à l’abattoir pour y être non seulement égorgé mais aussi maltraité dans un déchaînement inouïe de violence.
« Dieu, qu’il est laid ! »
Oui, Dieu, qu’il est laid le péché des hommes. Dieu, qu’il est laid mon péché qui a défiguré Jésus. « C’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé ». Le Seigneur en sa passion nous donne de voir toute la laideur et le drame du péché. Le mal moral, ce mal dont nous sommes les seuls auteurs et seuls responsables, a un pouvoir de destruction bien plus grand que les cataclysmes ou la maladie. Le péché est la suprême violence car il déshumanise et tue tous ceux qu’il touche. En devenant péché pour nous, Jésus s’est fait l’image vivante et sanglante de la puissance mortifère du péché.
« Dieu, qu’il est beau ! »
Qu’il est beau celui qui s’avance vers sa croix. Son corps porte notre laideur, mais son coeur resplendit de la charité. Sous le voile de la souffrance, il demeure l’innocent, l’agneau immaculé. Il est celui qui n’a jamais péché. « Voici l’homme ! ». Voici ce que tout homme devrait être : libre de toute faute. « C’est pour vous que le Christ [...] a souffert, affirme Pierre ; il vous a laissé un modèle afin que vous suiviez ses traces. Lui n’a pas commis de péché ; dans sa bouche, on n’a pas trouvé de mensonge. Insulté, il ne rendait pas l’insulte, dans la souffrance, il ne menaçait pas... » (1 P. 2, 21-23)
Voilà la vraie beauté, voilà l’humanité en sa vérité ! Que Dieu nous donne les yeux pour la discerner, le désir et la force de l’imiter.

fr. Sébastien Perdrix, op


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