Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Ce garçon qui donne son pain
 
Il n’a rien demandé, le petit. Que fait-il au milieu de cette foule de cinq mille hommes – sans comptez femmes et enfants ! Sans le compter, lui ! Suit-il ses parents, ses grands frères ? Ou ce sont ses camarades qui l’ont entraîné à écouter dans le désert ce prédicateur ? Quoi qu’il en soit, il n’a rien demandé, lui. Et lui, à la différence de tous ces grands bêtas, il a pris son pique-nique. Cinq pains d’orge, deux poissons. De quoi tenir la journée.
Et voilà qu’on lui demande au nom de Jésus tout ce qu’il a. Et il donne tout ce qu’il a. Avec confiance, avec appréhension, avec incertitude – nous ne le voyons pas – mais Jésus lui demande tout ce qu’il, a et il le donne. La surabondance jaillira de ce dépouillement. Ils remplirent douze paniers avec les morceaux qui restaient des cinq pains d’orge… Après, on peut les compter, ces corbeilles, mais quand il s’agit de donner, le garçonnet donne tout et sans autre garantie que la parole de Jésus.
Tout le mystère de l’Eucharistie est là. Jésus lui-même donnera tout dans sa Passion, parce qu’il aime son Père et fait toujours sa volonté. Et de ce don libre et généreux coulera à flot pour l’univers entier la vie. Il nous prend dans son don, il nous entraîne dans le même mouvement, il instaure une équité toute divine : tout contre tout. Il se donne tout entier à nous, il nous demande tout. Peu ou beaucoup, cela n’a aucune importance. Le petit donne tout, Jésus donne tout – des foules s’en trouvent rassasiées.
La même logique dans toute l’histoire de l’Église. Les saints ont tout reçu, ont tout donné ; de cet échange de dons des multitudes reçoivent nourriture, et vie, et joie. Chaque jour dans l’Eucharistie, Jésus vient se donner à nous et nous donner à son Père – si nous nous laisserons sanctifiés par lui, des multitudes recevront nourriture, et vie, et joie. Surtout si un petit garçon, si un jeune homme répond à l’appel de Jésus de tout lui donner, et s’il répond - avec confiance ou appréhension – mais s’il répond, des multitudes recevront de ses mains Jésus lui-même, le pain de vie.

fr. Pavel Syssoev, op


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