Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Malheur à toi, Corazine !
Le Christ n’est pas un porte-bonheur. On ne peut pas le mettre dans sa poche et avancer en sifflant : l’affaire est réglée, tout ira bien, je l’ai vu et entendu ! Mêmes les miracles qu’il fait dans notre vie ne garantissent rien – malheur à toi, Corazine, malheur à toi, Bathsaïde ! Si les miracles qui ont eu lieu chez vous auraient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que les gens y auraient pris le vêtement de deuil et la cendre en signe de la pénitence ! Il ne suffit pas de rencontrer le Christ, faut-il encore le suivre. Voire même vaut mieux un homme qui cherche Dieu sans l’avoir encore trouvé qu’un homme qui croit le connaître mais qui le néglige et le méprise. Tyr et Sidon seront traités moins sévèrement que vous !
Jésus apparaît dans notre vie – béni soit-il pour sa bienveillance ! - mais pour nous ce n’est que le début du chemin. Il nous faut l’accueillir, et non seulement une fois, ni sept fois, mais soixante-dix fois sept fois. Il nous faut l’écouter, et ce qu’il dit n’est pas toujours facile ou agréable à entendre. Il nous faut oser la conversion, et ce en profondeur, donc jusqu’à la racine, où la parole tranchante et limpide de Dieu va en transperçant tout ce qui est mort en nous. Et puis, recommencer, saison après saison, époque après époque, comme le paysan qui recommence sans cesse les mêmes travaux jusqu’à la moisson ultime.
Sans cette réponse, généreuse et patiente, la présence du Christ en notre vie nous sera une condamnation et un motif de honte. Il s’est donné si généreusement et nous l’avons pris pour un vulgaire porte-bonheur. Si au contraire, à sa générosité nous répondons par la nôtre, même du séjours des morts, il nous élèvera jusqu’au ciel !

fr. Pavel Syssoev, op


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