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L’inattendu de la saint Jacques
« …M’enfin ? De quoi se mêle-telle ? » - C’est pour le moins inattendu ! Les mamans ont parfois de ces initiatives inattendues ! Pour leurs enfants, elles peuvent se croire tout permis. On peut appeler cela audace, mais… quand même !
La maman de Jacques et Jean semble ne pas manquer d’air. Certes, l’Evangile selon saint Marc passe sous silence sa présence pour le même épisode, mais ne serait-ce pas parce que cette audace lui semblait trop grande ? Oui, « de quoi se mêle-telle ? » en intriguant pour ses fils en écartant les dix autres disciples, appelés par Jésus comme le furent ses deux fils. Mais, il est vrai, ils avaient une place à part.
Car l’inattendu c’est encore cette initiation rare que Jacques et Jean, ainsi que Simon-Pierre, eurent avec leur Maître. Appelés comme les dix autres, par trois fois, les voici tous trois, et eux seuls, associés à des moments incomparables où Jésus manifesta d’abord sa puissance divine, puis sa divinité, enfin son obéissance à la volonté du Père. Puissance divine auprès de la fille de Jaïre : ils furent appelés à être témoins de la résurrection de l’enfant d’un des chefs de la Synagogue ; ils furent témoins encore de la transfiguration de Jésus : le Fils, l’unique en toute divinité, devant eux ; ils furent enfin témoins de l’heure de Gethsémani, ce moment si douloureux, crucial au sens plein du terme : Abba - Père, ta volonté !
Pourtant, l’inattendu c’est surtout cette leçon du Seigneur sur ce qui fonde vraiment son amitié : avoir part à sa Passion. En raison de l’audace ou de la maladresse de leur mère, voici venue l’heure de la confidence. Voici ce qui fera l’apôtre, là où l’Eglise le reconnaîtra : il est celui qui aura eu part à la coupe du Seigneur, à sa Passion. Car celui qui croit que Jésus est maître de la Vie, Dieu lui-même, et qui entre librement dans sa Passion pour le salut de tous, celui-là sera disposé par grâce à le suivre radicalement comme disciple.
« De quoi se mêle-telle ? », la mère de Jacques et Jean. De manière inattendue, elle va faire jaillir cet enseignement. Et c’est alors que le suivant pleinement, en vérité, Jacques sera associé à sa Passion, et nous le sommes aussi. Nous le sommes, nous que sa Croix rassemble. Nous le sommes, nous que sa grâce vient parcourir. Nous le sommes nous qui, comme il l’a dit à Jacques, Jean et leur mère, avons part à sa Passion qui nous donne sa vie, son corps, son sang.

fr. Hugues-François Rovarino, op


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