Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Toute naissance se vit dans la douleur et la nôtre ne fait pas exception.
Au pied de la Croix de Jésus se joue en effet une naissance. Dans la passion, la mort et la résurrection du Sauveur, l’humanité naît à la vie nouvelle. Jésus lui-même, peut de temps avant l’heure de sa passion, parlera de sa mort à ses disciples en terme d’engendrement : « La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde. » (Jn 16, 21) Ainsi, dans la Pâque du Christ, l’humanité naît à la vie de la grâce dont le premier péché l’avait privé. Ainsi les souffrances du Messie ne sont pas seulement dues à la terrible épreuve du crucifiement mais aussi à l’engendrement de l’humanité nouvelle dont Marie est le premier fruit. La Vierge immaculée est la première des rachetées, la première fille adoptive du Père née dans le sang du Christ. La « toute sainte », la « pleine de grâce » est la première des créatures nouvelles. En Marie, nous contemplons déjà ce que Dieu veut accomplir en nous. En Marie, nous discernons ce que « naître d’en haut » veut dire.
Au pied de la Croix de Jésus se joue aussi une autre naissance, pour ainsi dire. Marie devient mère à un autre titre. Elle est engendrée par la grâce à une nouvelle mission et cette naissance ne se fait pas sans douleur. Elle qui était la mère de Jésus, elle devient pour toujours la mère de tous les disciples de son Fils. Dans l’ordre de la grâce, elle est associée encore plus étroitement à la mission de son Fils, si bien qu'elle participe au mystère de notre naissance à la vie nouvelle et éternelle. Comme le chante la liturgie, « Elle qui avait enfanté sans douleur, elle a connu les plus vives souffrances pour notre nouvelle naissance » (Préface mariale 13). Voilà ce qu’on appelle le mystère de la maternité spirituelle de Marie. Certes, c’est bien le Christ et le Christ seul qui fait de nous, dans sa Pâque, des fils et des filles de Dieu par adoption, mais Marie nous aide par son intercession et l’exemplarité de sa vie à accueillir ce don. Elle nous montre en son Fils le chemin vers le Père. En cela, elle est vraiment une mère pour nous tous. L’obéissance et la charité de Marie nous exhortent à demeurer fidèles à notre condition nouvelle de ressuscités, ainsi que le dit Saint Paul aux Colossiens :
« Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire. » (Col. 3, 1-4)
Que Marie au pied de la Croix, la mère des croyants, nous aide à rechercher constamment les choses d’en haut. Qu’elle nous aide à vivre de la vie nouvelle. Et cette naissance ne se fera pas sous douleur. Que Marie nous aide à porter notre Croix.

fr. Sébastien Perdrix, op


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