Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Bienheureuse Agnès de Langeac
Nous honorons aujourd’hui dans l’ordre des Prêcheurs une figure de sainteté assez étonnante, il faut bien le reconnaître. Il s’agit d’une moniale dominicaine française, née au Puy-en-Velay au début du XVII° siècle, le siècle connu comme « le grand siècle » ou « le siècle des saints », le siècle de saint Vincent de Paul, de sainte Marguerite-Marie et de bien d’autres saints et mystiques. La bienheureuse Agnès de Jésus, appelée aussi Agnès de Langeac, est en effet une personnalité hors du commun. Sa courte vie est à la fois marquée par de nombreuses épreuves mais aussi par une foule de manifestations surnaturelles. Elle parle régulièrement à son ange gardien. Elle dit être constamment accompagnée par le Christ qui la suit sous l’apparence d’un petit agneau, elle l’« agnelle » de Dieu. Elle reçoit les stigmates - « ces chosettes ». Elle est favorisée d’apparitions de nombreux saints dont nos pères saint François et saint Dominique. Comme sainte Thérèse d’Avila, elle reçoit la grâce de la transfixion, un ange vient lui transpercer le coeur avec une flèche de feu, le feu de l’amour divin. Et comme sainte Catherine de Sienne, elle connaît la grâce de l’échange des coeurs : le coeur souffrant et aimant du Christ vient battre à la place du sien.
La vie spirituelle d’Agnès est bien singulière, elle ne ressemble à aucune autre. Mais cela n’a rien de surprenant. Il en va de même pour chacun de nous. Nos itinéraires de foi sont tous uniques. La vie de la bienheureuse Agnès de Langeac manifeste au moins deux vérités chrétiennes dont nous devons tous vivre.
Par sa configuration au mystère du Christ souffrant et agonisant pour le salut du monde, Agnès nous rappelle que Dieu nous a sauvés par le sang du Christ. Que Dieu est un Père si aimant qu’il est prêt aux suprêmes folies pour nous arracher au mal. Comme chez sainte Marguerite-Marie, la vie de la bienheureuse Agnès nous montre ce coeur du Christ qui a tant aimé le monde. Le langage du sang versé du Fils nous dit l’amour sans faille du Père pour ses créatures, comme nous l’avons entendu en première lecture : « le projet de Dieu était que le Christ soit instrument de pardon, en son sang, par le moyen de la foi » (Rm 3, 25). La deuxième vérité est par conséquent que nous devons vivre au quotidien dans la confiance. Agnès a vécu son existence dans la foi. Même quand les épreuves semblaient insupportables, elle s’est accrochée fermement à l’espérance qui vient de la foi. Et Dieu a toujours été au rendez-vous.
Ces deux vérités de foi, nous avons à les accueillir et à les vivre dans la singularité de nos parcours. Comme la bienheureuse Agnès, comme saint Paul, puissions-nous tous dire : « Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et s'est livré pour moi » (Ga 2, 20).

Fr. Sébastien Perdrix, op


Connexion | Plan du site | ©2013 Dominicains de Bordeaux