Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

 
La crèche nous dit qui est Dieu et qui nous sommes. Elle est un message que Dieu nous adresse, une bonne Nouvelle. En ces jours qui sont les derniers Dieu nous a parlé par son Fils.
La crèche nous dit que Dieu est Père. Dieu n’est pas une abstraction, une idée vague , un récit ancien. Il n’est pas une construction archaïque ou un concept des intellectuels. La crèche nous libère du bavardage sur Dieu – elle dit Dieu qui est Père. Il n’est donc pas un tyran, un égotique arbitraire, il n’est pas la Loi sans cœur et même sans intelligence. Il n’est pas un principe mathématique. Il est Père. La crèche parle, elle dit que Dieu a un Fils, le Fils Unique et Bien-Aimé ; elle dit que Dieu a tant aimé le monde qu’il nous a donné son Fils Unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle.
La crèche, mais aussi la croix, mais aussi la tombe vide sont la mesure absolue de ce que que nous disons de Dieu. Lorsque nous prononçons ce mot, « Dieu », à quoi pensons-nous ? Quelle image surgit en notre esprit ? Celle des actualités avec un acte de terrorisme en plus ? Celle du débat politique sur la religion ? Ou peut-être c’est une image de l’interdit et du permis ? L’image vague, sans forme, sans contenu ? La crèche, la croix, la tombe vide nous disent qui est Dieu : ce Père qui aime, qui sauve, qui ressuscite. Puissent leur langage être la règle du nôtre !
La crèche nous dit qui est Dieu. Elle nous dit aussi qui nous sommes. A tous ceux qui l’ont reçu… il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Le Père nous donne son Fils Unique pour que nous devenions ses enfants. Ce que le Fils est par nature, par sa naissance, nous le devenons par la grâce. L’inimaginable, l’impossible se réalise : les enfants de la chair, nous devons enfants de lumière. Fils d’Eve, filles d’Adam, les êtres de terre au souffle fragile, nous naissons de nouveau – Dieu, le Père, devient notre Père. Il nous adopte, il nous accueille, il nous recrée dans la naissance de son Fils unique pour que nous vivions par lui. La crèche nous dit que nous ne naissons plus pour disparaître à tout jamais, que nous ne sommes pas destinés à la mort et à l’oublie. Parce que cet Enfant nous est né, ce Fils nous est donné, nous naissons pour la vie, la vie de Dieu.
La crèche nous dit que nos joies peuvent désormais s’épanouir dans l’éternité, que nos douleurs peuvent être vécues dans les bras de notre Père, elle nous dit que nous ne sommes plus des orphelins, ni des êtres de passages, mais des citoyens des cieux, mais des enfants du grand roi. Quand on se penche vers elle, la crèche nous éclaire. Elle illumine notre esprit, elle réchauffe notre cœur, elle nous dit un grand mystère : qui est Dieu, qui nous sommes.
Il y a dans la crèche la faiblesse, la vulnérabilité, la pauvreté. Notre fragilité, mais Dieu l’a prise ! - car elle dit mieux qui il est que ne le fait notre force. Le Fils Unique n’a rien à faire de notre puissance, de notre richesse et de notre bien-être – tout cela ne peut pas l’accueillir, ne peut pas dire son mystère. La crèche le peut. Notre petitesse le peut. Notre vulnérabilité dit Dieu infiniment mieux que l’éclat de nos idoles qui magnifient notre puissance. Du coup, la crèche nous libère, nous guérit, nous sauve. La crèche, la croix, la tombe vide.
Demeurons près de la crèche. Scrutons sa lumière. Vivons à son ombre. Elle nous accueillera, elle nous enseignera, elle nous accompagnera. Et ce jusqu’à la colline de la Croix, et puis vers une autre grotte, vers un autre matin, celui de la Résurrection. Là nous serons pleinement nous mêmes, là, Dieu accomplira en nous son dessein – nous rendre en tout semblables à son Verbe éternel, à son Fils Unique, à son Enfant Bien-Aimé.

fr. Pavel Syssoev, op


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