Les Dominicains de Bordeaux Laudare, Benedicere, Praedicare

Voici l’Agneau de Dieu
 
 
Le Baptiste désigne Jésus comme l’agneau de Dieu, et deux disciples de Jean se mettent à le suivre. Que signifie ce titre ? Qu’est-ce qu’il évoque dans leur esprit ?
L’Agneau de Dieu évoque pour eux un prophète qui annonce la volonté de Dieu en le payant de sa propre vie. Les disciples de Jean entendent dans ses paroles l’écho de Jérémie qui se compare à « l’agneau qu’on mène à l’abattoir » (Jr 11,19). Ils entendent Isaïe, annonçant la venue du Serviteur souffrant, qui, obéissant à Dieu, rachète le peuple et les multitudes par son sang répandu en sacrifice. L’Agneau désigne donc un prophète persécuté et fidèle, victime pour le salut.
Alors un autre plan s’ouvre devant nous. Avant Jérémie, avant Isaïe, il y a un autre agneau. Celui de la nuit de Pâque. Lorsque Dieu libère son peuple de l’esclavage d’Égypte, il lui demande de marquer ses portes par le sang de l’Agneau immolé. Ce sang de l’Alliance le protège de l’Exterminateur et lui donne la dignité des premier-nés de Dieu. Le peuple devient une nation consacrée, un royaume de prêtre dans le sang de l’agneau de Pâque. Non seulement la prophétie, mais le sacerdoce se rattachent à ce thème de l’agneau. Lorsque Jean désigne Jésus de ce titre, l’Agneau de Dieu, quelque chose de l’alliance nouvelle et éternelle se trouve dévoilé.
Cette Alliance passe par la mort, mais mène à la vie. L’Apocalypse nous présentera l’Agneau égorgé, mais debout, régnant, jugeant les nations, célébrant ses noces avec la Jérusalem céleste. Le Baptiste qui se présentait comme l’ami de l’Époux préparait le peuple à épouser le Christ. Il est le serviteur des noces de l’Agneau et voilà qu’il oriente vers Jésus ses propres disciples.
L’Agneau-prophète, l’Agneau-victime, l’Agneau-Époux : que signifie pour nous de le suivre ?

fr. Pavel Syssoev, op


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