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Jésus, remède miracle ?

Savez-vous, frères et sœurs, quel danger nous courons si nous ne prenons pas garde à la façon dont nous lisons les récits de guérisons miraculeuses ?
Je vous donne la réponse : c’est de faire de Jésus un médicament ! La tentation est grande de ne plus nous intéresser à lui que pour le bien qu’il nous fait. De ne plus l’aimer pour ce qu’il est mais uniquement pour ce qu’il nous donne. De ne plus voir en Jésus qu'une machine à cadeaux, un distributeur de bienfaits. Bref, de nous attacher au Christ comme on s’attache à un remède-miracle et de réduire l’annonce de l’évangile à une sorte de réclame pharmaceutique qui consisterait, au fond, à dire :
« Venez, croyez en Jésus. Jésus guérit tout, Jésus sert à tout. Vous avez de la fièvre ? Jésus vous l’enlève. Des pertes de sang ? Jésus les arrête. Vous êtes paralysé ? Jésus vous relève. Aveugle ? Jésus vous rend la vue. Déprimé ? Jésus vous remonte le moral. Jésus guérit tout. Jésus sert à tout. Jésus est le traitement qu’il vous faut, le remède à tous vos problèmes ! »
C’est vrai que Jésus fait du bien à notre âme et qu’il peut guérir nos maladies. C’est vrai qu’il nous soulage et nous aide à vivre. Mais est-ce pour cela, ultimement, que nous l’aimons ? Ne l’aimons-nous pas aussi et d’abord pour lui-même ?
Pour le savoir, demandons-nous, par exemple, à quoi nous attachons le plus d’importance ? Au fait que Jésus guérisse la belle-mère de Pierre ou bien qu’il aille prier Dieu dans la montagne ? Au fait qu’il rende la vue à un aveugle ou bien qu’il nous révèle le mystère caché depuis des siècles d’un Dieu qui est Père, Fils et Saint-Esprit ? Au fait qu’il peut nous guérir, nous aider à réussir nos examens et surmonter nos difficultés ou qu’il nous introduise dans le mystère de sa vie éternelle et de son amour trinitaire ?
Jésus mérite bien plus que l’amour de convoitise que nous pouvons légitimement avoir pour les secours et les biens qu’il nous accorde. Il mérite en plus de cet amour là, un amour de charité, un amour d’amitié qui nous le fait aimer pour ce qu’il est ! Et si les dons de Dieu à commencer par sa grâce sanctifiante doivent être aimés, ce n’est pas uniquement parce qu’ils peuvent faire du bien à notre corps ou mieux guérir notre âme du péché mais parce qu’ils nous élèvent, nous surélèvent infiniment plus haut que nous n’aurions jamais pu l’imaginer, parce qu’ils nous rendent participants de sa nature divine et nous donnent de l'aimer comme lui-même s’aime et nous aime.
 
Fr. David Perrin o.p.

Fr. David Perrin


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