Le saint nom de Marie

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« Il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés » que celui de Jésus (Ac 4, 12). Mais comment prononcer ce nom très saint ?
Certainement pas comme une formule magique ou un mantra rabâché, bêtement répété : « Dans vos prières, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’en parlant beaucoup ils se feront mieux écouter. » (Mt 6, 7) Ne disons donc pas : « Jésus, Jésus » ou « Seigneur, Seigneur » à tout bout de champ, machinalement, à la moindre occasion. « Tu ne prononceras pas en vain le nom de Dieu ». C’est le deuxième commandement donné à Moïse au Sinaï (Ex 20, 7). Le nom très saint du Sauveur ne peut être invoqué à tort, à travers. Il doit être tourné, retourné sept fois dans notre cœur, suscité au profond de nous par ce même Esprit Saint qui crie en nous : « Abba, Père ». Il faut que le nom de Jésus repose en nous et qu’il jaillisse pour de vrai, pour de bon comme une source d’eau vive et non comme l’eau d’un robinet.
Pour apprendre à invoquer le nom très saint de notre Seigneur, l’Église nous recommande de prononcer dignement, fréquemment, celui de Marie. Par le nom de Marie, nous sommes conduits et ramenés à celui de son Fils. Trop souvent, malheureusement, le nom de Marie est prononcé de façon compulsive, désordonnée, intempérante. Beaucoup de chrétiens appellent Marie comme ils appelleraient leur maman, au moindre souci, au moindre bobo, au moindre caprice, d’une manière captatrice. Sous le couvert d’intimité, peut se cacher une familiarité excessive.
Marie est notre mère, une mère de tendresse, remplie de douceur et d’attention pour ses enfants, mais elle est, ne l’oublions pas, la Mère de notre Sauveur, la Reine des cieux devant qui tous les anges se prosternent. Son nom est un nom très saint, un nom qui rayonne de la sainteté et de la majesté de Dieu. Comme toute réalité sainte, comme tout mystère où la gloire de Dieu se manifeste, il doit susciter en nous la crainte filiale. C’est cette crainte qui fait dire à Elisabeth « Comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur ? » (Lc 1, 43). C’est cette même crainte qui devrait nous faire dire : “Comment m’est-il donné que vienne jusque dans ma bouche le nom très saint de Marie, la Mère de mon Sauveur ?”
Fr. David Perrin o.p.

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