« Adhérez » au P.P.P. ! Le pardon est pour tous !

par | 31 mars 2019 |

Frère Nicolas-Bernard Virlet

Dans cette parabole, le Père sort deux fois de sa maison :

+++ pour aller à la rencontre de son fils cadet qui revient au bercail de la grâce.

ooo puis pour convaincre son frère aîné jaloux qui refusait de rentrer pour participer à la fête donnée pour le retour de son frère prodigue.

+++ Ainsi le fils cadet va découvrir que l’essentiel de héritage du père, ce n’est pas premièrement et finalement des biens matériels à diviser, partager comme les parts d’un gâteau, mais d’abord l’amour miséricordieux de son père. Qu’ils soient deux ou dix enfants, ils recevront ce même héritage du père : son amour qui se donne en plénitude à chacun. C’est le propre de l’amour d’un père et d’une mère pour leurs enfants, de ne pas se diviser : de pouvoir se donner pleinement à chacun. C’est cela l’un des traits de la toute puissance de l’amour véritable. Et quand cet héritage premier et dernier par rapport à l’héritage classiquement matériel, n’est pas là d’une manière ou d’une autre : combien cela marque dramatiquement la vie d’un enfant, d’un jeune, tout au long de son chemin.

ooo De même le fils aîné va découvrir aussi que l’héritage du père ne se divise pas, est plénier pour chacun : « tout ce qui est à moi est à toi … » lui dit le père.

+++ Le fils prodigue fait l’expérience de la tendresse miséricordieuse du père qui l’embrasse, avant même qu’il ait pu commencer à lui faire son aveu qu’il avait pourtant soigneusement préparé.

ooo Le fils aîné est jaloux jusqu’à la révolte, devenu incapable de se réjouir de la joie pour son jeune frère retrouvé, de se réjouir de la joie déjà céleste ici-bas pour un pécheur retrouvé (Lc 15,7). Mais malgré son cœur encore endurci, la tendresse de son père se manifeste aussi à lui :  « Mon enfant … » lui dit son père.

Oui, nous sommes tous appelés au pardon de Dieu, à l’implorer et à le recevoir. A certains moments : parfois fils cadet, parfois fils aîné …

+++ Ô fils prodigue, mon frère, n’oublie jamais que tu es attendu par le Père et que dans son cœur de Père, tu es toujours son fils, pour recevoir la grâce ineffable du pardon, qui replace chaque fois celui qui s’en approche avec humilité, vérité, simplicité, foi, espérance et adoration, dans l’innocence première de la grâce de son baptême, que nous rappellent et nous y rappellent nos frères catéchumènes.

ooo Ô fils aîné, mon frère, n’oublie jamais que la main qui relève ton frère prodigue qui est tombé sur le chemin, est la même main qui t’a empêché de tomber (Père M-J. Lataste o.p.).

Par le pardon de Dieu, ta misère et celle de ton frère, sont appelées à devenir le trône de la miséricorde de Dieu (Saint François de Sales). Dieu t’y dit : tu vaux plus à mes yeux que la peine que tu m’as faite : le pécheur est plus grand que son péché. Si ton cœur te condamne, Dieu est plus grand que ton cœur (1Jn 3,20), jusque que ton espérance. Dieu se venge de ton péché en te pardonnant. Son amour y est victorieux de tout ce qui est mort, péché en ta vie.

ooo Ô fils aîné, mon frère, qui te considère si bien, qui es-tu, toi, pécheur aussi, éreinté par la jalousie et la colère sourde, par la fausse indignation orgueilleuse et méprisante, pour enfermer ton frère dans son péché, le réduire, l’identifier à son péché, le condamner à une peine, à un rejet, sans rémission possible. Alors que le Fils de Dieu lui-même, qui seul pouvait le faire, ne le fait pas pour nous pauvres pécheurs, mais nous donne inlassablement sa vie, éternelle, par sa Passion, sa mort et sa Résurrection. Regarde-toi et regarde ton frère : Jésus a donné sa vie pour toi et pour lui. Ta vie, la vie de ton frère, vaut dans le cœur du Père la vie de son Fils unique et bien-aimé Jésus Christ jusque sur la Croix. Elle a ce prix-là à ses yeux.

 

Oui, le pardon, la miséricorde de Dieu est pour tous : pour tous ceux qui reviennent en vérité au Seigneur. Elle est le lieu où le cœur de Dieu vient rencontrer la misère de l’homme, vient l’en sauver : là où amour et vérité, se rencontrent, s’illuminent, s’embrassent, jamais l’un sans l’autre. C’est le don par delà tout don, l’amour plus grand que l’amour, dont la mesure est sans mesure : qui seul relève.

Le savez-vous ? Par cette parabole nous apprenons que nous sommes tous syndiqués, que nous appartenons au plus grand syndicat du monde, qui transcende l’histoire et les frontières. La « Cotisation », c’est Jésus qui l’a payée pour toujours, pour nous tous, pour tous, sur la Croix. Son nom, c’est le PPP : les Pauvres Pécheurs Pardonnés, alias la Communion des Saints. Nous ne revendiquons rien, nous implorons, mendions la miséricorde de Dieu notre Père, par son Fils, dans l’Esprit qui les unit.

Le sacrement du pardon n’est pas une matière facultative ou à option : c’est la matière principale, donc incontournable, de notre salut et de celui de tous nos frères, pour la joie éternelle avec Dieu.

 

  1. Nicolas-Bernard o.p.

Frère Nicolas-Bernard Virlet

Frère Nicolas-Bernard Virlet