La voie royale

par | 11 août 2024

Le Christ, chemin de Vie !

Le Christ, chemin d’avenir !

Le Christ, chemin d’Espérance !

Notre Sainte Mère l’Église se fait, ces temps-ci, maîtresse d’école.

Et elle le fait en trois temps pour nous conduire à adhérer progressivement au mystère que Jésus nous enseigne aujourd’hui. Ces trois temps se déclinent en trois dimanches.

Dimanche dernier, ce dimanche, et dimanche prochain.

Le Christ nous ouvre la voie royale du passage vers la vie éternelle par son enseignement sur le pain de vie. Le viatique pour passer de ce monde vers l’autre.

Nous sommes en sursis de vie éternelle. Et c’est le Christ qui va nous conduire à la vie éternelle.

Ce monde va vers sa fin…Viendra un temps, où ayant commencé, comme il est rapporté par les récits de la Genèse….il s’achèvera.

Dimanche dernier -18e dimanche de l’année liturgique– la foule affamée que Jésus avait nourrie au désert avait compris que c’était Lui le nouveau prophète promis. Mais Jésus avait disparu!

« Alors montant dans des barques, les gens partirent à sa recherche de l’autre côté du lac»(Jn 6,24)

« Tout le monde te cherche » (Mc 1,37)

Le pèlerin qui entreprend de monter en pèlerinage jusqu’à la Grotte de la Ste-Baume, purifie son corps par son effort physique et aussi son cœur et son âme; l’effort physique vous ramène à la simplicité des choses et des relations humaines. Le pèlerin est ramené à lui-même et recentre ainsi sa recherche sur le Christ; et devient capable de mieux entendre en vérité, ce que Jésus veut lui dire.

Et il devient capable par la grâce du Christ de recevoir la Vérité, puisque l’homme est fait pour elle. Et que la Vérité C’est la personne du Christ. Ce qui souligne que cela s’effectue dans une relation personnelle avec Lui.

Dimanche dernier toujours Les gens qui avaient retrouvé Jésus à Capharnaüm l’avaient soumis à un feu roulant de bonnes questions, en réponse à l’enseignement qu’il avait commencé à leur donner. Il leur avait dit comment comprendre l’expérience du miracle de la manne au désert.

Comme un miracle! Qui en préfigure un autre ! Qui en annonce un autre et qui, lui, sera définitif, en venant aussi du ciel. Mais en regardant plus haut que les nuages ; par la foi; par le travail de la foi; en croyant l’Envoyé du Père.

Il leur avait dit de travailler, par la foi, pour la nourriture qui demeure. Les conduisant petit à petit à leur révéler, par sa Parole, qu’il est, lui, cette nourriture, la vraie nourriture.

Alors avec confiance et simplicité de cœur, les gens lui avaient demandé de les nourrir toujours de ce pain-là. Avec confiance en sa parole mais aussi avec les ambiguïtés de notre foi que justement le Corps et le Sang du Christ s’attelle à purifier.

« Moi, Je suis le pain de la vie ». (Jn 6,35)

Jésus s’offre en garantie du don du Père qu’il est. Ce n’est que le début de la Révélation. Et c’est déjà un inattendu qui va les laisser bouche bée, sans voix!

Qu’a-t-ilvouludire?

Déjà, voilà une leçon à recevoir pour nous. Nous qui allons nous approcher tout à l’heure de ce grand mystère, par la communion, en imitant ces foules :

– On écoute la parole de Jésus.

– On lui pose les questions que nous avons à lui poser.

– On écoute sa réponse.

– Ensuite on fait silence et on garde tout cela comme la Vierge Marie dans notre cœur.

Car tout est dit mais tout n’est pas compris.

Une condition : « Avoir foi en celui que le Père a envoyé du ciel » et en l’unité sans confusion entre Père et Fils.

Mais l’enseignement de Jésus sur la question n’est pas terminé et se poursuit aujourd’hui (19e dim.), avec la 2e partie du récit sur la pain de vie. Jésus va proclamer aujourd’hui une annonce de taille.

Le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour le monde( Jn 6,52)

Mais cette fois-ci entrent en scène les sceptiques de cette grande foule.

Ceux à qui on ne la fait pas. Ceux qui savent. Et qui croient percer ce qui échappe au commun des mortels. C’est une des fonctions de la parole du Christ-Vérité que de faire sortir les péchés, de les manifester. Mais le Christ a encore bien du pain sur la planche à nous donner pour faire grandir la foi dans l’homme qu’il appelle. Celui qui apparaît aujourd’hui c’est l’homme pécheur dans sa suffisance, son scepticisme, son étroitesse de cœur !

Mais encore l’homme pécheur doit-il reconnaître ses péchés pour que le Christ puisse nourrir celui que nous sommes et nous faire entrer dans la vie éternelle.

Ici, ce n’est pas le cas ; les sceptiques s’endurcissent.

Et Jésus de reprendre ce qu’il vient déjà de dire et de poursuivre cet enseignement sur le même ton et avec le même élan que précédemment… mais plus longuement. Jésus le fait car la puissance de ce qu’il annonce est le ferment de la vie éternelle. Rien n’empêchera Jésus de l’annoncer et de l’accomplir dans sa personne.

Et l’humilité de Dieu est d’avoir laissé à la liberté de l’homme le temps de se l’approprier.

Et ça discute! Çà discute ! Mais ces discussions les confortent dans leur étroitesse de vues. Jésus leur répète ce qu’ils ont déjà entendu puisqu’ils étaient dans la foule…mais ostensiblement ils veulent maintenant se démarquer d’elle.

Pour comprendre ce que dit Jésus

-Mais en ont-ils seulement l’intention?-

il faut commencer par écouter.

Faites taire vos critiques !!! leur dit-il ?( Jn 6,45)

Pour écouter il faut d’abord se taire intérieurement.

Et il termine en précisant que c’est sa chair qui sera nourriture, sa chair donnée pour la vie du monde. Sa chair, c’est à dire la totalité de sa personne identifiée connue et reconnue; se nourrir de Celui qu’il a été, pour nous sauver. Celui qu’il est aujourd’hui et que réalise chaque eucharistie. Et destiné à l’homme !

Ont-ils entendu ?…

Et nous ce matin ?

Seul l’Esprit Saint est la clef d’entrée pour pénétrer dans l’univers inconnu du mystère de sa personne et que chacun saisisse, surélevé par la grâce, jusqu’où Jésus a été pour nous donner la vie éternelle.

…Et jusqu’où il continue d’aller, aujourd’hui, par son eucharistie pour que nous recevions le don de sa vie?…. Et que sa vie devienne notre en faisant la volonté du Père.

Le 3e volet de cet enseignement de Jésus sera proclamé dimanche prochain (20e dim.) et se fera encore plus réaliste et plus précis et puisqu’il nous conduira à manger sa chair et à boire son sang dans l’eucharistie. Et à devenir un autre Christ, lui-même demeurant en moi; et moi demeurant en lui. Comme une relation à double sens et double intégration personnelle et réciproque unique, à nulle autre pareille ; mais à son initiative exclusive ; et son humilité et sa grandeur auront été de s’être mis à nos pieds, à genoux, devant nous pour nous convaincre d’accueillir ce don.

Ainsi dans le Christ nous entrons, nous sommes introduits par un grâce qui nous laisse sans voix et stupéfait, en la vie divine du Père et du Fils et de l’Esprit.

Amen

Fr. Pierre-Alain Malphettes